Au lendemain du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l'Assemblée nationale, le député non-inscrit de Sopi Sénégal, Tafsir Thioye, a dénoncé ce mercredi 4 novembre 2026, sur le plateau de TFM Matin, des irrégularités dans la procédure visant à obtenir le retrait du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027, rapporte PressAfrik. Selon le site, la Commission des finances et du contrôle budgétaire aurait écrit au gouvernement pour demander le retrait de ce texte, qui doit être examiné dans les prochains jours.
« J'ai vu que le président de la Commission des Finances a écrit au ministre des Finances pour lui demander de retirer la loi », a déclaré le parlementaire. Pour lui, cette démarche est entachée de plusieurs irrégularités : « C'est une erreur d'abord parce que la commission des Finances ne peut engager l'Assemblée nationale et deuxièmement, ce n'est pas au ministre des Finances, c'est le président de la République qui a envoyé la loi à travers un décret. » Il rappelle que « personne ne peut engager l'Assemblée nationale si ce n'est la plénière » et estime que la correspondance aurait dû passer par le président de l'institution.
« Je pense qu'ils ont la majorité et ils veulent utiliser cette majorité sans se rendre compte que ce qu'ils font, c'est violer la loi », a-t-il affirmé, tout en conditionnant son appréciation : « Si c'est confirmé qu'ils ont écrit pour demander à ce que la loi de finances soit retirée, c'est d'une extrême gravité. »
Le député est également revenu sur la dégradation des comptes publics. « C'est la première fois depuis plus de 30 ans que nous voyons une détérioration de nos comptes publics à ce niveau », a-t-il déclaré, évoquant un « déficit de près de 14 % du PIB », soit « 2 600 milliards de FCFA », et des « besoins de financement estimés à 6 774 milliards de FCFA sur une année ». Selon lui, la situation actuelle découle notamment des choix budgétaires de 2024, alors que « les recettes avaient baissé de 840 milliards de FCFA » et les « dépenses augmenté de 680 milliards ».
Il critique le recours tardif aux lois de finances rectificatives, en décembre 2024 et à la fin de 2025 : « Où étaient ceux qui nous parlent aujourd'hui de transparence, de sincérité ? Ils ont fauté. » Il juge enfin que le rejet du texte sans débat n'était pas nécessaire : « Ce passage en force n'était pas la peine, ils auraient simplement pu voter la loi. »
Dans le même temps, le président de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, Alphonse Mané Sambou, a convoqué les députés ce jeudi 5 novembre 2026 à 9 heures, dans la salle Marie Joséphine Diallo, pour entendre le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan sur « l'examen des recettes, de la dette publique ainsi qu'au budget des institutions et pouvoirs publics », à savoir la Présidence de la République, l'Assemblée nationale, la Cour suprême, le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et la Primature. À 17 heures, la commission se réunira avec la Commission des affaires économiques et celle de la santé pour examiner le projet de budget 2027 du ministère de la Microfinance et de l'Économie sociale et solidaire.






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