Le sport africain représente un secteur économique porteur d'opportunités encore largement inexploitées. C'est l'un des principaux enseignements du rapport présenté à Dakar ce mercredi 4 novembre 2026 par l'Agence française de développement (AFD), le Comité international olympique (CIO) et la Banque mondiale, à l'occasion des JOJ Dakar 2026, rapporte Seneweb.
Fabrication et commercialisation d'équipements, encadrement, gestion d'infrastructures, organisation de compétitions, médias, tourisme et services associés : l'économie du sport mobilise une grande diversité de métiers. Pourtant, une partie importante de ces activités reste informelle ou portée par de petites structures, dont la contribution demeure difficile à mesurer. Le rapport y voit un important levier de création d'emplois, en particulier pour les jeunes, à condition de renforcer les compétences et d'accompagner les entreprises locales.
« Cette étude sur l'économie du sport montre qu'il existe un véritable potentiel à exploiter sur le continent africain », souligne Thomas Melonio, chef économiste de l'AFD. Au Sénégal, environ 10 % des ménages comptent au moins une personne occupant un emploi lié au sport, et près des deux tiers de la population du continent pratiqueraient une activité sportive. Mais environ 37 % de la pratique se déroule dans des espaces publics non aménagés pour le sport, et près de 20 % à domicile, ce qui souligne selon lui l'urgence d'investir dans les infrastructures. Il cite aussi l'exemple de l'école de management BEM, qui a accompagné, avec le soutien de la France, des formations liées aux JOJ.
L'étude repose sur une enquête menée par Ipsos auprès de 6 000 personnes dans huit pays : Maroc, Égypte, Sénégal, Nigeria, Rwanda, Cameroun, Kenya et Afrique du Sud. Le football, l'athlétisme et la marche rapide figurent parmi les activités les plus populaires, tandis que le manque de temps, l'insuffisance des infrastructures et les contraintes de déplacement freinent la pratique. L'Égypte, l'Afrique du Sud et le Kenya disposent d'écosystèmes de clubs plus développés ; au Sénégal, la structuration des clubs reste un défi.
Pour Maureen Rosita Ojong-Ebwabisong, manager du programme Olympism 365 au CIO, « les grands événements sportifs constituent des opportunités pour créer des emplois, stimuler l'économie, mais aussi favoriser la transformation urbaine et le développement des infrastructures d'un pays ». Les trois institutions invitent les décideurs et les investisseurs à considérer le sport comme un secteur économique à part entière.






Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.