La sortie de Jean-Michel Sène, ancien directeur général de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER), annonçant un non-lieu dans le volet espagnol de l'affaire ASER-AEE Power, continue de susciter des réactions, rapporte Seneweb. Dans une tribune, Pape Modou Cissé, membre du parti République des valeurs (RV) de Thierno Alassane Sall, conteste l'interprétation faite de la décision de la justice espagnole.
Il estime que Jean-Michel Sène fait une lecture « tendancieuse » de l'ordonnance de la juge d'instruction, qui a prononcé un non-lieu provisoire (sobreseimiento provisional). Selon lui, cette mesure ne tranche pas définitivement le fond de l'affaire et n'exclut pas une reprise de la procédure en présence d'éléments nouveaux. Il rappelle au passage que le dossier avait poussé Ousmane Sonko, alors Premier ministre, à s'en saisir de nouveau.
Pape Modou Cissé s'interroge sur le sort des 56 millions d'euros, soit près de 37 milliards de FCFA, versés à AEE Power. Le fait que les fonds soient arrivés sur le compte de l'entreprise ne répond pas, selon lui, à la question essentielle de leur utilisation réelle. Il conteste aussi l'argument des cautions de la SONAC : « Une caution garantit un remboursement, elle ne dit rien d'un éventuel détournement. Nulle part l'ordonnance n'affirme que les décaissements étaient réguliers ni que les cautions étaient valables. Elle constate seulement que l'enquête, en l'état, ne permet pas d'aller plus loin. »
Il ramène enfin le débat à l'exécution du programme. Le marché, signé le 23 février 2024 pour 91,8 milliards de FCFA, prévoyait l'électrification de 1 600 villages dans les régions de Kaffrine, Kédougou, Louga, Saint-Louis et Tambacounda en 36 mois. Or, lors de sa conférence de presse du 1er avril 2026, Jean-Michel Sène avait lui-même fait état de 46 villages électrifiés, soit moins de 3 % de l'objectif. Il lui reproche aussi ses accusations contre son prédécesseur Baba Diallo, rappelant que les décaissements avaient précédé sa nomination.
Le responsable politique invite le Pool judiciaire financier (PJF) à approfondir ses investigations sur le suivi du contrat, la gestion des décaissements et la destination des fonds. « Qu'en est-il des 1 600 villages qui attendent toujours l'électricité ? », interroge-t-il.






Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article.