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Justice

Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics,…

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Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics, corruption, prise illégale d’intérêt et blanchiment de capitaux, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et sollicite sa mise en liberté provisoire.

Cette affaire trouve son origine dans la gestion des fonds alloués à la Force Covid-19, un programme mis en place par l’État du Sénégal en 2020 pour atténuer les effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables. À l’époque, Mansour Faye était en charge de la composante « Appuis alimentaires » du Programme de Résilience économique et sociale (PRES). Son ministère supervisait l’achat et la distribution de denrées alimentaires de première nécessité à destination de plus d’un million de ménages à travers le pays. Selon les conclusions d’une enquête, ces opérations auraient donné lieu à une surfacturation estimée à 2,7 milliards de francs CFA sur les lots de riz.

Dans le mémoire déposé à la Haute Cour de Justice, la défense de l’ancien ministre affirme que ce dernier n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de signataire des marchés publics. Il est précisé que l’ensemble des procédures d’achat avait été confié à la commission des marchés de son ministère, et que les contrats avaient été validés et payés par le ministère des Finances, en conformité avec la réglementation en vigueur. Les avocats soulignent que les fournisseurs avaient été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres ouvert, sous la supervision de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), et que les prix appliqués étaient en réalité inférieurs à ceux en vigueur sur les marchés internationaux à l’époque.

Pour appuyer cette défense, plusieurs éléments économiques sont mis en avant. Les avocats de Mansour Faye invoquent les rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) ainsi que ceux du Commissariat à la sécurité alimentaire, qui font état d’une hausse généralisée et durable des prix du riz entre 2020 et 2024. Ils estiment par ailleurs que l’arrêté ministériel de 2013, utilisé pour fixer le prix de référence ayant servi à calculer la supposée surfacturation, n’était plus applicable dans un contexte marqué par des ruptures de stocks et une inflation internationale causée par la pandémie.

Sur les accusations de corruption et d’escroquerie, l’ancien ministre soutient qu’il n’a jamais bénéficié personnellement des fonds et qu’aucune manœuvre frauduleuse ni utilisation de faux documents n’ont été observées dans la passation ou l’exécution des marchés. Il rappelle que les fournisseurs avaient bien livré les produits convenus et qu’ils avaient été rémunérés par l’État, sans irrégularités avérées.

Enfin, Mansour Faye demande à être placé en liberté provisoire. Il affirme présenter toutes les garanties de représentation nécessaires devant la justice. Il évoque notamment sa résidence fixe à Saint-Louis, son statut d’élu local en tant que maire, sa coopération constante avec les autorités judiciaires, ainsi que l’absence de risques de fuite ou de tentative d’entrave à la procédure, les enquêtes étant désormais closes. Il ajoute que si sa demande de liberté était rejetée, il solliciterait l’application des nouvelles dispositions du Code de procédure pénale qui permettent un aménagement des mesures de détention.

Le dossier sera prochainement examiné par la Haute Cour de Justice, dans un climat marqué par une volonté politique affichée de lutte contre l’impunité, mais aussi par un débat grandissant sur la neutralité des poursuites engagées contre certains anciens dignitaires du régime précédent.

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