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Politique

Macky Sall après le revers à l'ONU : l'équation d'un retour politique, Abdoulaye Niane met en garde

Deux semaines après le retrait de sa candidature au secrétariat général des Nations unies, l'ancien président entretient le flou. L'APR revendique son ancrage dans l'opposition, tandis que le délégué général de la DER/FJ estime qu'un retour serait « peut-être une déclaration d'agressivité ».

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Macky Sall après le revers à l'ONU : l'équation d'un retour politique, Abdoulaye Niane met en garde

Deux semaines après le retrait de sa candidature au secrétariat général de l'Organisation des Nations unies (ONU), l'ancien président Macky Sall entretient le mystère sur la suite de son parcours. Alors que l'Alliance pour la République (APR) revendique un ancrage ferme dans l'opposition et prépare la reconquête du pouvoir pour 2029, la perspective d'un retour de l'ancien chef de l'État suscite autant d'espoirs chez ses militants que d'interrogations dans l'opinion, analyse Seneweb. Ce dimanche, le délégué général de la DER/FJ, Abdoulaye Niane, a lui aussi mis en garde contre un tel retour.

Lancée en mars 2026, la campagne de Macky Sall pour l'ONU s'est achevée le 17 octobre, au terme de plusieurs mois de lobbying diplomatique et de déplacements à travers le monde. Soutenue par plusieurs voix, dont celle du président Bassirou Diomaye Faye, cette ambition internationale n'a pas abouti. Pour Babacar Ndiaye, directeur de la recherche et des publications du think tank ouest-africain WATHI, l'ancien président n'a pas pour autant quitté l'échiquier national. « À ma connaissance, il n'a pas renoncé à la politique au Sénégal. Il dirige toujours son parti », observe l'analyste, qui rappelle que l'APR a renouvelé ses instances tout en enregistrant des départs depuis la perte du pouvoir. Le retour de Macky Sall au Sénégal dans le cadre de sa candidature onusienne a d'ailleurs montré, selon Seneweb, que son appareil politique conservait une réelle capacité de mobilisation.

Pour Babacar Ndiaye, les prochaines échéances permettront de mieux lire les intentions de l'ancien président. L'année 2027, marquée par les élections locales et susceptible d'être concernée par des législatives anticipées en cas de dissolution de l'Assemblée nationale, constituera un premier test pour l'APR. « Il faudra d'abord voir comment les choses vont se mettre en place », estime-t-il, avant de souligner que la question d'une candidature reste entière : « Est-ce qu'il en a affirmé l'envie ? Est-ce qu'il a parlé de cette candidature-là ? Jusqu'à présent, je ne l'ai pas entendu en parler. »

L'équation est d'autant plus délicate que l'ancien président reste associé aux événements survenus entre 2021 et 2024. L'analyste rappelle que la société civile a fait état d'environ 80 morts au cours de ces troubles. « Les événements de 2024 sont encore frais dans la mémoire des Sénégalais. Ce furent des moments douloureux », insiste-t-il, tout en relevant que Macky Sall n'est pas actuellement inquiété sur le plan judiciaire. Quant à l'hypothèse d'un rapprochement avec Bassirou Diomaye Faye, alimentée par le soutien du chef de l'État à la candidature onusienne de son prédécesseur, il s'interroge : « Ce serait à quelle fin, s'il devait y avoir un rapprochement ? » L'APR reste dirigée par Macky Sall, tandis que le président de la République bâtit son propre appareil politique autour de Kiiraay.

À l'APR, le discours se veut tranché. « L'APR ne se rapproche de personne. Le parti assume son ancrage dans l'opposition et œuvre chaque jour pour la reconquête du pouvoir en 2029 afin de changer la vie des Sénégalais », affirme à Seneweb Hamidou Anne, coordonnateur de la Cellule analyses et prospective du parti. L'essayiste défend la stature internationale de l'ancien chef de l'État, qui « déborde du cadre politique sénégalais désormais », tout en restant « un Sénégalais d'abord, fier de ses racines profondes et de son bilan », et « surtout un homme libre de ses mouvements ». Sur la période 2021-2024, il conteste la lecture du pouvoir actuel et renvoie les autorités à leurs propres choix, citant l'indemnisation accordée après leur arrivée et le maintien de la loi d'amnistie.

Sur le plan constitutionnel, une nouvelle candidature de Macky Sall en 2029 n'est pas explicitement verrouillée par la règle limitant à deux le nombre de mandats consécutifs, et, à 64 ans, il serait très en deçà de la limite d'âge fixée à 75 ans. Au sein du parti, certains le jugent irremplaçable : « Macky Sall est celui qui garantit l'unité au sein de l'APR. C'est lui le socle du parti », a confié à Jeune Afrique un ancien membre de son gouvernement. Des rumeurs l'ont un temps annoncé dans la course à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie, piste démentie par son entourage. À un proche, il aurait confié ne pas être à « la recherche effrénée de positions ».

Invité ce dimanche 1er novembre de l'émission « Grand Jury », Abdoulaye Niane, délégué général de la DER/FJ, a réagi aux appels de certains responsables de l'ancien régime invitant Macky Sall à revenir faire face au pouvoir. « Ce n'est ni compréhensible ni possible. Il ne pourra pas faire tomber le président Bassirou Diomaye Faye », a-t-il déclaré, tout en disant connaître l'ancien chef de l'État et le considérer comme un homme d'expérience. « Un retour serait peut-être une déclaration d'agressivité », a-t-il estimé, avant de se démarquer de toute logique de règlement de comptes : « Moi, je ne suis pas pour une chasse aux sorcières. »

Rappelant que le président Faye avait soutenu son prédécesseur à l'international, Abdoulaye Niane juge que Macky Sall devrait plutôt préserver son bilan. « La gestion de l'État est lourde et on laisse beaucoup de plumes quand on gère un État parce que, dans nos pays en développement, il faut des arbitrages lourds qui sont en décalage parfois avec la légalité et la régularité », a-t-il soutenu, avant de conclure à l'adresse de ceux qui appellent au retour de l'ancien président : « Ceux qui lui demandent de revenir ne sont pas ses vrais amis. C'est peut-être qu'ils veulent sauvegarder leur position et retrouver leur place, mais ils ne sont pas des amis du Sénégal, encore moins ses amis. »

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