Selon le député, l’exécution constatée à la fin du mois de septembre ne justifierait pas le maintien de toutes les prévisions de paiement proposées par le gouvernement. Il soutient qu’une hypothèse d’absorption maximale de 80 % des crédits d’investissement entraînerait une réduction d’environ 450 milliards de francs CFA. À ses yeux, cette révision pourrait améliorer de 1,6 à 2 points le déficit projeté à 7,6 %, qu’il estime plutôt situé entre 5 et 6 %.
Ayib Daffé fait valoir qu’une estimation plus réaliste du déficit permettrait également de réévaluer les besoins de financement et, potentiellement, de limiter l’endettement. Il a mis en garde contre ce qu’il considère comme un manque de transparence sur l’exécution des dépenses et des recettes.
Le président du groupe Pastef distingue la sincérité budgétaire de la sincérité comptable. Il se réfère à l’article 30 de la loi organique relative aux lois de finances, qui exige, selon son interprétation, des prévisions réalistes, prudentes et établies sur la base d’informations fiables. Les élus de la majorité demandent ainsi au gouvernement de revoir le projet et de soumettre une nouvelle version.
Les parlementaires contestent également la réduction ou la suppression de plusieurs investissements qu’ils jugent prioritaires. Ils citent notamment le transfert d’eau, dont le montant prévu dans la loi de finances initiale 2026 était de 50 milliards de francs CFA avant une nouvelle inscription de 8 milliards en 2027. Ils évoquent aussi la suppression de crédits de paiement destinés à 35 centres de santé, pour un montant annoncé de 60 milliards, ainsi que l’abandon d’un programme de résorption des abris provisoires comprenant 46 écoles élémentaires et évalué à 9,7 milliards.
Le rejet de la LFR ouvre un nouvel épisode du débat budgétaire entre le gouvernement et sa majorité parlementaire. Les désaccords portent à la fois sur la manière d’évaluer les ressources et dépenses de l’État et sur les choix d’investissement à maintenir dans le budget rectificatif.






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