Une demande d'arrestation et d'inéligibilité visant le responsable du PASTEF, Ousmane Sonko, a marqué le point de presse organisé ce dimanche par la Coordination départementale de Kiiraay de Diourbel, rapporte PressAfrik. Le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et sociales (CROUS) de l'université Alioune Diop de Bambey, Baye Mayoro Diop, y a tenu des propos d'une rare virulence.
Le responsable a appelé à l'arrestation d'Ousmane Sonko et de ses députés, qu'il a qualifiés en des termes très durs, les accusant notamment de gaspiller l'argent public. « Il faut le rendre inéligible à vie. C'est l'objectif », a-t-il déclaré, présentant cette démarche comme un « devoir citoyen ». Il a également réclamé « des poursuites contre les députés concernés », qu'il accuse d'entretenir « des objectifs de trahison et de liquidation de notre peuple », et estimé que « la question de l'intervention du citoyen se pose désormais ».
Cette charge intervient après le nouveau rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) par la Commission des finances de l'Assemblée nationale. Selon Baye Mayoro Diop, les parlementaires du PASTEF « ont décidé de confisquer le pouvoir populaire » à des fins qu'il juge « crypto-personnelles, politiciennes, égoïstes et cyniques ». Il affirme que « les membres de cette majorité ne soutiennent plus la volonté populaire de mars 2024 », qu'elle « a tenté d'installer un président du président », puis de porter au perchoir « un président qui ne devrait pas occuper actuellement » ce poste. Il a aussi rappelé « la tentative de transfert des prérogatives présidentielles vers le Parlement », censurée selon lui par le Conseil constitutionnel.
Pour le directeur du CROUS, la stratégie de la majorité parlementaire consiste désormais « à priver le peuple sénégalais des mécanismes et des moyens de vivre ». Il juge la situation « très grave », rappelant que « le versement des salaires, le règlement des factures hospitalières, les prestations de transport, le fonctionnement de l'éducation et l'allocation des bourses de sécurité familiale » dépendent de l'adoption de la loi. Il s'est dit favorable à une dissolution de l'Assemblée nationale, estimant que la représentation nationale n'est plus légitime. Évoquant ses propres services, il a fait état de difficultés à rémunérer des centaines de personnes en fin de mois, reprochant à une centaine de députés de s'être offert des véhicules 4x4 de 55 millions de FCFA.
D'autres membres de la coordination ont invité les députés Alioune Sène et Coumba Ndiaye, élus dans le département, à voter le texte en plénière. Le maire de Patar, Adiou Sène, a estimé que « la décision des élus place les députés face à leurs responsabilités devant l'histoire », avertissant qu'un rejet définitif bloquerait « le versement des bourses sociales, des chantiers d'approvisionnement en eau à Touba et le paiement régulier des salaires ». Le Dr Ameth Niang a, pour sa part, évoqué la suspension du rehaussement des bourses, les retards de paiement dus aux entreprises et aux personnels soignants, et appelé à l'adoption de la loi entre novembre et décembre. Ces propos et accusations n'engagent que leurs auteurs.






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