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Politique

Mamadou Ndoye alerte sur une possible instrumentalisation de la révision constitutionnelle

L’ancien responsable politique et membre de la société civile Mamadou Ndoye a exprimé, mercredi, ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme une possible instrumentalisation de la révision constitutionnelle dans le contexte du bras de fer qui oppose…

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Mamadou Ndoye alerte sur une possible instrumentalisation de la révision constitutionnelle

L’ancien responsable politique et membre de la société civile Mamadou Ndoye a exprimé, mercredi, ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme une possible instrumentalisation de la révision constitutionnelle dans le contexte du bras de fer qui oppose actuellement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il appelle les différents acteurs à dépasser les querelles partisanes pour privilégier un consensus national autour des règles du vivre-ensemble et du contrat social.

S’exprimant lors d’une conférence de presse consacrée à la réforme constitutionnelle et au rôle des organisations de la société civile, Mamadou Ndoye estime que les signes d’une utilisation politique de la révision de la Constitution sont désormais « manifestes » aux yeux des Sénégalais.

Selon lui, la réforme intervient dans un contexte marqué par une confrontation politique et institutionnelle entre les deux principales têtes de l’exécutif et du pouvoir législatif. « On s’en sert dans la lutte de pouvoir qui oppose actuellement le président de l’Assemblée nationale et le président de la République », a-t-il dénoncé.

L’ancien responsable politique est notamment revenu sur la genèse de la procédure actuelle. Il rappelle que le président de la République avait engagé la préparation d’avant-projets de révision constitutionnelle avant que le président de l’Assemblée nationale ne prenne, à son tour, l’initiative de formuler des propositions de modification de la Loi fondamentale. Cette situation aurait ensuite conduit le chef de l’État à saisir le Conseil constitutionnel afin d’obtenir un avis sur la régularité de la procédure engagée.

Pour Mamadou Ndoye, cette succession d’initiatives ne doit toutefois pas faire perdre de vue la portée réelle d’une révision constitutionnelle. À ses yeux, la Constitution ne saurait être modifiée en fonction des rapports de force du moment entre responsables politiques. « La révision constitutionnelle est une affaire trop importante pour faire l’objet d’une lutte partisane », a-t-il martelé.

Il estime que le débat doit plutôt porter sur les règles fondamentales qui organisent la vie collective et définissent les rapports entre les institutions et les citoyens. « Quelles sont les règles de notre vivre-ensemble ? Quelles sont les règles du contrat social ? C’est cela qui est le débat, qui est l’enjeu », a-t-il souligné.

L’ancien responsable politique appelle ainsi les protagonistes de la crise institutionnelle à sortir d’une logique de confrontation et à favoriser une véritable discussion nationale sur les réformes envisagées. Pour lui, les décisions qui seront prises dans le cadre de la révision constitutionnelle ne concerneront pas uniquement les acteurs politiques, mais auront des conséquences durables sur l’ensemble des Sénégalais.

Le respect de la durée des mandats

Interrogé par ailleurs sur le débat relatif à la date des prochaines élections territoriales, Mamadou Ndoye a précisé que cette question n’avait pas encore été discutée au sein de son organisation. Il a néanmoins réaffirmé son attachement au respect de la durée des mandats électifs.

« Un mandat, il est donné pour une période déterminée. Et quand la période est achevée, elle est achevée et on doit renouveler », a-t-il déclaré.

Mamadou Ndoye rappelle que des organisations de la société civile avaient déjà pris position, par le passé, contre le report d’élections. Il insiste sur le fait que cette mobilisation ne répondait pas à une logique partisane, mais à un principe général : le respect du calendrier électoral et de la durée des mandats confiés aux élus.

Le Pacte de bonne gouvernance confronté aux limites de la communication

La question de la vulgarisation du Pacte de bonne gouvernance a également été abordée lors de la rencontre avec la presse. Mamadou Ndoye reconnaît que les organisations de la société civile sont confrontées à des difficultés pour faire parvenir directement leurs messages à l’ensemble des populations, notamment dans les localités les plus éloignées.

Il explique que plusieurs initiatives ont déjà été menées auprès des candidats à l’élection, des organisations de la société civile et des syndicats de travailleurs. La presse a également été sollicitée afin d’assurer une large diffusion du contenu du Pacte.

Cependant, les moyens financiers et logistiques limités constituent, selon lui, un obstacle important à une campagne nationale de sensibilisation. « Nous n’avons pas les moyens d’aller dans toutes les localités du Sénégal faire une campagne d’information », a-t-il reconnu.

Son organisation compte ainsi sur les relais sociaux, communautaires et institutionnels pour contribuer à la diffusion du Pacte auprès des citoyens et favoriser une meilleure appropriation de ses principales orientations.

Les divisions au PASTEF ne doivent pas affecter le fonctionnement de l’État

Mamadou Ndoye s’est également prononcé sur les éventuelles conséquences des divisions apparues au sein du PASTEF. Pour lui, les dissensions internes à une formation politique relèvent d’abord de la vie propre de cette organisation et doivent être réglées dans son cadre interne.

Il exprime toutefois une préoccupation dès lors que ces tensions sont susceptibles d’avoir des répercussions sur le fonctionnement des institutions de la République.

« On n’a pas le droit que des divisions internes à un parti politique bloquent ou perturbent le fonctionnement institutionnel normal de notre pays », a-t-il averti.

À ses yeux, cette question dépasse donc largement les intérêts d’un parti politique. Dès lors que les tensions partisanes commencent à affecter le fonctionnement régulier des institutions, elles deviennent une préoccupation d’intérêt général, car elles peuvent avoir des répercussions directes sur la vie quotidienne des citoyens.

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