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Politique

Hamidou Anne recadre Mary Teuw Niane et dénonce une « banalisation du désordre institutionnel »

Le débat politique sénégalais continue de se tendre, sur fond de profondes divergences entre les principaux responsables du pouvoir. Dans ce contexte, l’écrivain et politologue Hamidou Anne s’est vivement attaqué à Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du…

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Hamidou Anne recadre Mary Teuw Niane et dénonce une « banalisation du désordre institutionnel »

Le débat politique sénégalais continue de se tendre, sur fond de profondes divergences entre les principaux responsables du pouvoir. Dans ce contexte, l’écrivain et politologue Hamidou Anne s’est vivement attaqué à Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président de la République, après les récentes prises de position de ce dernier visant le président de l’Assemblée nationale.

Dans une publication au ton particulièrement incisif, Hamidou Anne estime que les responsabilités exercées au sommet de l’État imposent une certaine réserve dans la communication publique. Selon lui, la fonction de directeur de cabinet ne saurait être compatible avec des sorties médiatiques ou des publications sur les réseaux sociaux jugées excessives, particulièrement lorsqu’elles mettent directement en cause une autre institution de la République.

« Un directeur de cabinet ne s’épanche ni dans la presse ni sur les réseaux sociaux », écrit-il, avant de dénoncer les comparaisons faites par Mary Teuw Niane à l’endroit du président de l’Assemblée nationale. Hamidou Anne poursuit en affirmant qu’un haut responsable de l’État ne devrait pas « comparer le président (usurpateur) de l’Assemblée nationale à Hitler, Mussolini ou Pol Pot ».

Pour l’écrivain, la question dépasse la simple polémique entre responsables politiques. Elle touche, selon lui, à la conception même de l’exercice de l’État et au respect des institutions républicaines. « L’exercice de l’État impose tenue et retenue », insiste-t-il, appelant à rompre avec ce qu’il considère comme des pratiques susceptibles d’affaiblir l’autorité de l’État.

Hamidou Anne met également en garde contre la banalisation des affrontements verbaux entre responsables publics. À ses yeux, les attaques personnelles et les formules outrancières contribuent à dégrader le débat public et à installer progressivement une forme de désordre dans le fonctionnement des institutions.

« Il s’agit de rompre avec ces pratiques qui affaiblissent l’État, dévitalisent la République et banalisent le désordre dans les institutions », soutient-il.

Au-delà de Mary Teuw Niane, Hamidou Anne élargit sa critique à certains acteurs politiques dont les positions auraient, selon lui, évolué au gré des rapports de force et des intérêts partisans. Il dénonce notamment le comportement de personnalités ayant accompagné ou soutenu le pouvoir pendant plusieurs années avant de se transformer en virulents critiques.

C’est dans ce registre qu’il conclut sa charge par une formule particulièrement sévère : « L’imposteur, le vrai, c’est celui qui a validé l’imposteur des années durant, avant de le vouer désormais aux gémonies au nom des privilèges politiciens. »

Cette sortie intervient dans un contexte politique marqué par une rupture de plus en plus visible entre plusieurs figures qui avaient contribué à l’arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité en 2024. Les échanges, autrefois contenus dans les cercles politiques, prennent désormais une dimension publique, avec des prises de parole de plus en plus directes sur les réseaux sociaux.

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