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Politique

Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko de dérive autoritaire à l’Assemblée nationale et appelle à une mobilisation pour défendre la démocratie

Le coordonnateur des députés non-inscrits, Thierno Alassane Sall, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave détérioration du fonctionnement démocratique de l’Assemblée nationale. S’exprimant lors de la conférence de presse…

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Thierno Alassane Sall accuse Ousmane Sonko de dérive autoritaire à l’Assemblée nationale et appelle à une mobilisation pour défendre la démocratie

Le coordonnateur des députés non-inscrits, Thierno Alassane Sall, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave détérioration du fonctionnement démocratique de l’Assemblée nationale. S’exprimant lors de la conférence de presse organisée par les groupes de l’opposition au lendemain des incidents ayant marqué l’examen de la révision de la Constitution, le député a vivement critiqué la conduite des travaux parlementaires par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, qu’il accuse de concentrer les pouvoirs et de bafouer les règles de fonctionnement de l’institution.

Selon Thierno Alassane Sall, les difficultés actuelles ne sont pas apparues lors de la séance consacrée à la révision constitutionnelle, mais remontent à l’installation même d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale. Il affirme avoir lui-même été victime d’une entorse au règlement intérieur dès les premières séances parlementaires.

« Ousmane Sonko a commencé sa dictature dès son installation. J’ai fait un rappel au règlement, mais je n’ai jamais obtenu la parole », a déclaré le parlementaire, estimant que ce précédent révélait déjà une volonté de contrôler les débats et de limiter les droits de l’opposition.

Revenant sur la séance consacrée à l’examen de la révision de la Constitution, le député a contesté l’argument avancé par la majorité selon lequel le texte avait pour objectif de renforcer les prérogatives de l’Assemblée nationale. À ses yeux, les événements survenus dans l’hémicycle ont plutôt démontré une concentration du pouvoir entre les mains du président de l’institution.

« Ils voulaient donner plus de pouvoirs à l’Assemblée nationale. En réalité, nous avons compris que l’hémicycle se résume à une seule personne. La démocratie est en train de dégringoler avec Pastef », a-t-il affirmé devant la presse.

Thierno Alassane Sall a également soutenu que plusieurs députés de la majorité étaient conscients des irrégularités de procédure intervenues au cours des débats. Selon lui, certains élus de Pastef auraient reconnu que le règlement intérieur donnait au député Abdou Mbow le droit de reprendre la parole.

Le coordonnateur des députés non-inscrits a notamment cité Guy Marius Sagna, affirmant que ce dernier aurait lui-même attiré l’attention du président de l’Assemblée nationale sur cette disposition réglementaire. D’après lui, plusieurs parlementaires de la majorité auraient même souhaité demander une suspension de séance afin de corriger cette situation, sans que cette initiative ne puisse aboutir.

Pour Thierno Alassane Sall, le refus de respecter les règles parlementaires constitue une remise en cause des fondements de l’État de droit. Il estime que les institutions de la République ont été fragilisées par l’attitude de la majorité parlementaire.

« La charte de la République a été malmenée. Les députés de Pastef ont choisi de passer outre la République face à un seul homme qui impose sa volonté », a-t-il dénoncé.

Poursuivant ses critiques, le député a accusé Ousmane Sonko de vouloir continuer à concentrer les pouvoirs autour de sa personne. Faisant référence à son départ de la Primature, il a estimé que l’ancien chef du gouvernement recherchait déjà des règles adaptées à ses intérêts et tenterait désormais d’exercer la même influence à la présidence de l’Assemblée nationale.

Thierno Alassane Sall a également dénoncé le recours à la procédure d’urgence pour l’adoption de la révision constitutionnelle avant le 30 juin. Selon lui, cette précipitation a empêché un examen serein du texte et contribue à fragiliser davantage les institutions du pays.

Il a par ailleurs reproché à la majorité parlementaire de ne pas avoir porté à la connaissance des députés l’avis du président de la République sur la proposition de loi, affirmant que ce document n’aurait été ni lu en commission ni présenté lors des débats en séance plénière.

Le député a enfin mis en cause l’attitude du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qu’il accuse de cautionner la situation actuelle. Selon lui, le président de la République partage pleinement la responsabilité de la gouvernance avec Ousmane Sonko.

« Le président de la République laisse faire. Il partage le pouvoir avec Ousmane Sonko et ils dirigent le pays ensemble », a-t-il déclaré.

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