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Politique

Madana Kane alerte sur les risques économiques et financiers liés aux tensions au sommet de l’État

L’ancien directeur général de la Banque Islamique du Sénégal (BIS), Madana Kane, a exprimé de vives inquiétudes quant aux conséquences économiques et financières des récentes déclarations du président de Pastef, Ousmane Sonko. Invité de l’émission de la…

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Madana Kane alerte sur les risques économiques et financiers liés aux tensions au sommet de l’État

L’ancien directeur général de la Banque Islamique du Sénégal (BIS), Madana Kane, a exprimé de vives inquiétudes quant aux conséquences économiques et financières des récentes déclarations du président de Pastef, Ousmane Sonko. Invité de l’émission de la 7TV, l’économiste estime que la sortie médiatique du leader politique a davantage accentué les incertitudes qui pèsent déjà sur le climat des affaires et la confiance des investisseurs.

Selon Madana Kane, certaines déclarations publiques d’Ousmane Sonko sont susceptibles d’être interprétées négativement par les partenaires économiques du Sénégal. Il fait notamment référence aux propos relatifs à une éventuelle dissolution du gouvernement ou à des mesures de censure en cas d’attaques politiques. Pour l’ancien banquier, de tels messages peuvent susciter des interrogations chez les investisseurs internationaux qui évaluent avant tout la stabilité institutionnelle et la prévisibilité de l’environnement économique avant de s’engager dans un pays.

« Lorsqu’un investisseur envisage de venir au Sénégal pour discuter avec les autorités économiques ou politiques d’un programme d’investissement, il est particulièrement attentif aux signaux envoyés par les responsables publics », a expliqué Madana Kane. À ses yeux, les déclarations évoquant des tensions institutionnelles ou des rapports conflictuels au sommet de l’État risquent de ralentir certaines décisions d’investissement.

L’ancien directeur général de la BIS a également évoqué la question de la renégociation de certains contrats, un sujet régulièrement abordé par les autorités sénégalaises depuis l’alternance politique. Il estime que les propos faisant état de possibles contentieux liés à ces renégociations pourraient être perçus comme un facteur de risque supplémentaire par les opérateurs économiques étrangers.

Selon lui, un investisseur international pourrait interpréter l’éventualité de recours devant des tribunaux arbitraux comme un signe d’incertitude juridique. Une telle perception, a-t-il averti, pourrait affecter l’attractivité du Sénégal auprès des capitaux étrangers et contribuer à une certaine nervosité des marchés financiers.

Madana Kane n’a pas exclu que ces développements puissent avoir des répercussions sur l’évaluation du pays par les agences de notation financière. Il a ainsi mis en garde contre une éventuelle dégradation de la notation souveraine du Sénégal si les signaux d’instabilité venaient à se multiplier. Pour lui, les marchés financiers internationaux sont particulièrement sensibles aux indicateurs de stabilité politique, économique et institutionnelle.

L’économiste s’est également montré critique à l’égard de la divulgation publique de discussions tenues entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre. À son avis, le fait d’évoquer publiquement des échanges privés au plus haut niveau de l’État peut avoir des conséquences sur la perception des investisseurs, dans la mesure où les marchés accordent une grande importance à l’information disponible et à sa cohérence.

« Le marché vit de l’information », a rappelé Madana Kane, estimant que l’absence de clarification ou de démenti officiel sur certains éléments évoqués pourrait alimenter davantage les interrogations des acteurs économiques.

Au terme de son intervention, l’ancien responsable bancaire a affiché son pessimisme quant à l’évolution de la situation. Il considère que les récents échanges entre les principaux acteurs du pouvoir donnent l’image d’une instabilité politique naissante qui pourrait venir s’ajouter aux défis économiques et financiers auxquels le Sénégal est déjà confronté.

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