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Politique

Démission d’El Malick Ndiaye : Takku Wallu Sénégal dénonce une procédure « nulle et illégale »

La démission du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, continue de provoquer une vive controverse au sein de la classe politique sénégalaise. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, estime que le départ…

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Démission d’El Malick Ndiaye : Takku Wallu Sénégal dénonce une procédure « nulle et illégale »

La démission du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, continue de provoquer une vive controverse au sein de la classe politique sénégalaise. Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, dirigé par Me Aïssata Tall Sall, estime que le départ du président de l’institution s’est déroulé en violation totale du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, au point de rendre la procédure « nulle et de nul effet ».

Face à la presse, Me Aïssata Tall Sall a dénoncé une gestion « précipitée » et « irrégulière » d’un acte qui engage pourtant l’une des plus hautes institutions de la République. Selon elle, les conditions dans lesquelles la démission d’El Malick Ndiaye a été annoncée fragilisent la crédibilité et la stabilité de l’institution parlementaire.

Les faits se sont déroulés dans un climat d’urgence jugé suspect par l’opposition parlementaire. D’après les explications fournies par Takku Wallu Sénégal, les membres du bureau de l’Assemblée nationale ont reçu une première convocation via WhatsApp, samedi à 23h58, les invitant à participer à une réunion extraordinaire fixée au lendemain. Une seconde convocation écrite leur a ensuite été transmise dimanche matin à 11h58 pour confirmer la tenue de la rencontre à 16 heures.

Pour Me Aïssata Tall Sall, le choix d’un long week-end de Pentecôte et le caractère improvisé de la procédure posent déjà problème. Mais c’est surtout la manière dont la démission a été actée qui suscite l’indignation du groupe parlementaire. Lors de la réunion du bureau, El Malick Ndiaye aurait simplement donné lecture d’une lettre de démission dans laquelle il invoquait des « intérêts supérieurs », avant de transmettre immédiatement ses charges à son vice-président.

Une démarche que l’ancienne ministre de la Justice juge contraire aux dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Elle rappelle que l’article 15 prévoit une procédure stricte en cas de vacance de la présidence, qu’il s’agisse d’une démission, d’un décès ou d’un empêchement définitif. Selon ce texte, c’est le premier vice-président qui doit convoquer le bureau afin que celui-ci constate officiellement la vacance avant d’en informer l’Assemblée réunie en séance plénière.

Or, selon Takku Wallu Sénégal, aucune de ces étapes n’a été respectée. « Le bureau n’a pas constaté la vacance dans les formes prévues et l’Assemblée nationale n’a jamais été saisie en séance plénière », a soutenu Me Aïssata Tall Sall, estimant que la passation effectuée dans la foulée ne repose sur aucune base juridique valable.

La présidente du groupe parlementaire a également rappelé que le mandat de cinq ans accordé au président de l’Assemblée nationale avait été instauré afin de protéger cette fonction contre les turbulences et calculs politiques. Elle a évoqué le précédent de Moustapha Niasse, contraint de quitter prématurément le perchoir après une modification controversée des règles institutionnelles.

Pour l’opposition parlementaire, voir aujourd’hui le bénéficiaire de cette stabilité institutionnelle quitter ses fonctions dans des conditions jugées irrégulières constitue une atteinte grave au fonctionnement normal de l’Assemblée nationale. « Cette démission est nulle et de nul effet », a insisté Me Aïssata Tall Sall, estimant que les raisons politiques invoquées ne sauraient primer sur le respect des textes.

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