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Politique

Guy Marius Sagna relie le dossier des « martyrs » au drame de l’UCAD et interpelle le gouvernement sur l’urgence de justice

Lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des Lieux de Privation de Liberté (ONLPL), débattu en séance plénière ce lundi 16 février à l’Assemblée…

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Guy Marius Sagna relie le dossier des « martyrs » au drame de l’UCAD et interpelle le gouvernement sur l’urgence de justice

Lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des Lieux de Privation de Liberté (ONLPL), débattu en séance plénière ce lundi 16 février à l’Assemblée nationale du Sénégal, le député Guy Marius Sagna a livré une intervention particulièrement remarquée. Profitant de la tribune parlementaire, il a établi un lien direct entre le traitement du dossier des « martyrs » des manifestations politiques passées et les violences récemment survenues à Université Cheikh Anta Diop, qui ont conduit au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba.

Dans son propos, le parlementaire a dénoncé ce qu’il considère comme un ralentissement dans le traitement des dossiers relatifs aux victimes des troubles politiques antérieurs. Selon lui, l’absence de justice rapide et visible dans ces affaires a pu contribuer à installer un sentiment d’impunité. « Ceux qui ont ralenti le dossier des martyrs, qui attendent toujours que justice soit faite, sont comptables de ce qui s’est passé à l’UCAD », a-t-il déclaré devant l’hémicycle, estimant que les retards accumulés ont envoyé un signal préoccupant quant à la responsabilité et à la reddition des comptes.

Pour Guy Marius Sagna, les événements tragiques enregistrés à l’UCAD ne peuvent être analysés isolément. Il considère qu’ils s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par des attentes fortes en matière de vérité et de justice. À ses yeux, l’absence de conclusions claires et de décisions judiciaires dans les dossiers des victimes des manifestations passées pourrait avoir contribué à la répétition de pratiques controversées lors des interventions des forces de l’ordre.

S’adressant directement à la ministre de la Justice, le député a demandé qu’un message soit transmis au président Bassirou Diomaye Faye. Il a affirmé que « celui qui a mis le coude sur ce dossier nous porte préjudice et est comptable de ce qui s’est passé à l’UCAD », appelant explicitement à une accélération des procédures en cours concernant les victimes des manifestations politiques. Cette déclaration traduit la volonté du parlementaire de voir les engagements de justice se concrétiser dans des délais raisonnables.

Au-delà de la polémique, Guy Marius Sagna a défendu l’idée qu’une justice rendue de manière diligente pourrait avoir un effet dissuasif et favoriser une évolution des pratiques en matière de maintien de l’ordre. Selon lui, faire toute la lumière sur les dossiers en suspens permettrait non seulement d’honorer la mémoire des victimes, mais aussi de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions de la République.

Le débat autour du projet de loi portant création de l’ONLPL s’est ainsi inscrit dans un climat marqué par des préoccupations plus larges relatives aux droits humains, à la responsabilité de l’État et à la nécessité d’un suivi indépendant des lieux de privation de liberté. Pour le député, la mise en place de nouveaux mécanismes institutionnels ne saurait être pleinement crédible sans un engagement ferme et visible en faveur de la justice pour les victimes des violences passées.

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