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Politique

Sénégal – Le ministère des Finances dévoile la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2028 : quatre scénarios pour réduire un endettement record

Le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, a rendu publique la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) couvrant la période 2026-2028. Ce document, annexé à la Loi de finances, trace les grandes lignes de la politique…

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Sénégal – Le ministère des Finances dévoile la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2026-2028 : quatre scénarios pour réduire un endettement record

Le ministère des Finances et du Budget, dirigé par Cheikh Diba, a rendu publique la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) couvrant la période 2026-2028. Ce document, annexé à la Loi de finances, trace les grandes lignes de la politique d’endettement du Sénégal pour les trois prochaines années. Il intervient dans un contexte marqué par un taux d’endettement alarmant de 130 % du PIB, que les autorités ambitionnent de ramener à 101 % en 2028, soit une réduction de 29 points.

La SDMT, qui constitue un instrument central de planification financière, s’appuie sur quatre scénarios de financement, testés à travers le cadre analytique du ministère. Ces scénarios tiennent compte des vulnérabilités actuelles du portefeuille de dette, de l’évolution de l’environnement économique mondial et de la situation spécifique de la zone UEMOA.

Le premier scénario repose sur le maintien du statu quo observé en 2025. Il suppose une répartition de la nouvelle dette à raison de 35 % d’endettement extérieur et 65 % domestique, avant une légère inversion en 2026, avec 60 % de financement extérieur et 40 % intérieur. Cette option se veut prudente et vise une continuité des politiques actuelles, tout en diversifiant les sources de financement pour mieux équilibrer les risques liés aux taux d’intérêt et aux échéances.

Le deuxième scénario est conditionné par la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Le dernier programme conclu sous l’administration de Macky Sall a été suspendu après la publication d’un rapport de la Cour des comptes révélant des manipulations de données macroéconomiques entre 2019 et avril 2024. En cas d’accord avec l’institution de Bretton Woods, le Sénégal pourrait accéder à davantage de ressources auprès des bailleurs traditionnels et retrouver la confiance des marchés internationaux. Cette stratégie met toutefois l’accent sur la réduction des contraintes de liquidité, sachant que près de 15 % du stock total de la dette arrive à échéance d’ici un an. Pour faire face à cette pression, le gouvernement prévoit de recourir aux financements commerciaux et de marché (eurobonds, Panda Bonds, Samouraï Bonds, etc.), tout en maintenant une répartition de 60 % de ressources extérieures et 40 % de ressources locales.

Le troisième scénario vise à contenir les vulnérabilités liées à la dette à taux variable (20 % du portefeuille actuel) et à la dette à court terme, qui représente 30,4 % du total. Ces dettes, dont les taux doivent être refixés dans un délai d’un an, pèsent lourdement sur la soutenabilité budgétaire. La stratégie mise ici sur une distribution équilibrée des sources de financement (50 % extérieur et 50 % domestique), tout en privilégiant des financements concessionnels et une dette intérieure de plus longue maturité, afin de réduire les risques de refinancement.

Enfin, le quatrième scénario illustre la stratégie la plus pessimiste, à adopter en cas d’absence d’accord avec le FMI en 2026. Dans ce cas, le Sénégal miserait davantage sur les ressources internes, avec 60 % de financement domestique contre 40 % de dette extérieure. Ce scénario, plus défensif, repose sur une logique de préservation de la viabilité de la dette à travers un recours accru aux ressources disponibles sur le marché local, tout en minimisant la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs.

Selon les services du ministère des Finances, ces quatre scénarios ont été rigoureusement simulés afin de mesurer leur impact sur la dette et sur les marges budgétaires de l’État à l’horizon 2028. Le document rappelle que la SDMT est élaborée conformément au règlement de l’UEMOA portant cadre de référence de la politique d’endettement public. Elle s’inscrit également dans la vision du président de la République pour un « Sénégal souverain, juste et prospère à l’horizon 2050 », tout en intégrant les risques liés à la conjoncture internationale et régionale.

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