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Politique

Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22…

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Emprunt obligataire de 300 milliards : Pape Malick Ndour dénonce une opération sans transparence et alerte sur un « slogan creux »

Le Sénégal vient de lancer un nouvel emprunt obligataire d’un montant de 300 milliards de francs CFA, présenté par le gouvernement comme un instrument majeur de souveraineté économique et d’épargne citoyenne. L’opération, ouverte à la souscription du 22 septembre au 10 octobre 2025, est portée par le ministère des Finances et du Budget en partenariat avec Impaxis Securities, société de gestion et d’intermédiation désignée comme chef de file. Les autorités affirment que cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources financières de l’État et qu’elle constitue une étape importante dans la volonté de renforcer l’implication des Sénégalais, en particulier de la diaspora, dans le financement des projets nationaux.

Mais cette présentation optimiste ne convainc pas tout le monde. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entreprenariat et de l’Emploi, Pape Malick Ndour, a réagi avec scepticisme et a mis en garde contre ce qu’il qualifie de « slogan creux ». Dans une analyse critique, il estime que cette opération pourrait bien être utilisée comme un outil de communication politique si le gouvernement n’accompagne pas son discours d’une transparence totale. Selon lui, au moment du bilan prévu pour le 10 octobre, il est fort probable que les autorités annoncent un succès éclatant, avec un taux de souscription dépassant 100 %, sans pour autant préciser l’origine réelle des fonds collectés.

Pape Malick Ndour insiste sur la nécessité de publier la répartition détaillée des souscriptions entre la diaspora, les personnes physiques sénégalaises et les personnes morales de droit sénégalais. Il considère que sans cette ventilation, les citoyens risquent de se laisser abuser par une présentation biaisée, alors même que, dans la réalité, ce sont souvent des capitaux étrangers, transitant notamment par des banques de la sous-région comme celles installées en Côte d’Ivoire, qui assurent la plus grande partie du financement. À ses yeux, la rhétorique de l’endogénéité du financement national ne résiste pas à l’épreuve des faits, d’autant plus que l’économie sénégalaise connaît une morosité qui limite fortement la capacité d’épargne et d’investissement des ménages.

Dans une touche ironique, l’ancien ministre a également interpellé le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé publiquement sa volonté de souscrire à l’emprunt. Pape Malick Ndour estime que pour montrer l’exemple et asseoir la crédibilité du projet, le chef du gouvernement devrait rendre public le montant de sa contribution. Il soulève toutefois une interrogation sur l’origine de ces fonds, rappelant que M. Sonko avait affirmé exercer ses fonctions à titre gratuit, sans percevoir de salaire, et qu’il ne dispose d’aucune autre source de revenus identifiée en dehors de ses fonds politiques.

Cette sortie traduit une inquiétude plus large sur la manière dont les autorités communiquent autour des instruments financiers. Pour Pape Malick Ndour, la question n’est pas seulement économique mais aussi politique, car il en va de la confiance des citoyens dans la gestion publique. Sans transparence, dit-il, l’emprunt obligataire risque de n’être qu’un artifice de communication destiné à masquer une dépendance persistante à l’égard de capitaux étrangers.

En rappelant ces enjeux, l’ancien ministre invite le gouvernement à faire preuve de courage et de clarté. Pour lui, seule la publication de chiffres précis permettra de transformer ce projet en véritable acte de souveraineté économique. Dans le cas contraire, il restera dans l’opinion comme un simple slogan, détaché des réalités du pays et des difficultés quotidiennes des Sénégalais.

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