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Société

Clip « Porozé bi » : Nit Dof s’en prend à Thiat et remet en cause sa légitimité

La sortie du nouveau clip de Thiat, membre du groupe Keur Gui et figure du mouvement Y’en a Marre, continue de susciter des débats houleux dans l’univers du rap sénégalais. Intitulé « Porozé bi », ce morceau, perçu par beaucoup comme une critique frontale…

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Clip « Porozé bi » : Nit Dof s’en prend à Thiat et remet en cause sa légitimité

La sortie du nouveau clip de Thiat, membre du groupe Keur Gui et figure du mouvement Y’en a Marre, continue de susciter des débats houleux dans l’univers du rap sénégalais. Intitulé « Porozé bi », ce morceau, perçu par beaucoup comme une critique frontale des dérives du régime actuel, vient de recevoir une réponse virulente d’un autre acteur de la scène musicale : Mor Talla Gueye, alias Nit Dof. Rappeur connu pour sa proximité avec le pouvoir en place et actuel président du Conseil d’administration du Fonds de Développement des Cultures Urbaines (FDCU), Nit Dof a livré un message tranchant, visant directement Thiat et plus largement certains artistes engagés.

Dans une déclaration publique, Nit Dof a reproché à Thiat son timing, insinuant que son retour sur le terrain du rap contestataire arrive trop tard. Selon lui, l’histoire s’écrit déjà ailleurs et ceux qui ont manqué le « rendez-vous décisif » avec le peuple n’ont plus la légitimité nécessaire pour se faire entendre. « Ce que beaucoup n’ont pas compris, c’est que le train est déjà parti. C’était un rendez-vous qu’il ne fallait absolument pas manquer. Certains l’ont raté et ignorent encore que le peuple souverain est désormais ailleurs, très loin, avec d’autres priorités », a-t-il affirmé.

Le rappeur pro-régime ne s’est pas limité à une critique de fond. Il a également remis en question l’argument de la liberté d’expression souvent brandi par les artistes contestataires. Pour lui, ce n’est pas une question de censure, mais une réaction du peuple lui-même. « À ceux qui nous parlent de liberté d’expression : sachez que c’est le peuple souverain lui-même qui s’est senti attaqué et qui riposte aujourd’hui à sa manière », a-t-il lancé, défendant ainsi l’idée que la société aurait tourné la page des discours de contestation portés par des figures comme Thiat.

Nit Dof est allé plus loin en accusant certains rappeurs d’avoir été absents au moment où leur voix aurait eu le plus d’impact. Il dénonce ce qu’il appelle une hypocrisie dans le milieu, affirmant que ceux qui sont restés silencieux dans les périodes les plus critiques n’ont désormais plus de légitimité pour parler au nom du peuple. « Quant à ceux qui étaient silencieux quand le peuple avait vraiment, mais vraiment besoin d’eux, ils auront désormais un sérieux problème de légitimité pour se faire entendre », a-t-il déclaré, dans une pique que beaucoup ont interprétée comme une attaque directe contre Thiat.

Enfin, le rappeur pro-régime a tenu à rassurer sur l’état actuel de la scène musicale, balayant d’un revers de main l’idée que le rap sénégalais aurait perdu de sa vigueur. « Et dites aux hypocrites que le rap se porte très bien. Les artistes évoluent et sortent leurs projets tous les jours », a-t-il conclu, soulignant une vision positive du dynamisme artistique, mais en rupture avec le discours contestataire incarné par Keur Gui.

Cette sortie de Nit Dof, qui contraste avec les nombreux messages de soutien reçus par Thiat après la sortie de « Porozé bi », risque d’alimenter davantage la polarisation dans le milieu du hip-hop sénégalais. Elle illustre aussi la fracture entre deux conceptions du rap : l’une qui se revendique comme porte-voix du peuple et l’autre qui défend une nouvelle approche, plus en phase avec le régime en place.

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