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Economie

Dette publique du Sénégal : 27 132 milliards FCFA à traiter, la Chine et la France parmi les principaux créanciers

L’État du Sénégal a engagé les discussions avec ses créanciers extérieurs sur les modalités de traitement de sa dette publique. À fin 2025, l’encours global atteint 27 132 milliards de francs CFA, soit 105,3 % du PIB, selon les données communiquées par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.

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Dette publique du Sénégal : 27 132 milliards FCFA à traiter, la Chine et la France parmi les principaux créanciers

La première réunion de contact avec les créanciers extérieurs, organisée sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI), marque le début du processus engagé par les autorités sénégalaises pour traiter une partie de cet important stock de dette.

Sur les 27 132 milliards de francs CFA d’encours global, la dette extérieure représente 18 394 milliards, soit 71,4 % du PIB. C’est cette composante qui est directement concernée par le plan de traitement annoncé par l’État.

Les créanciers multilatéraux en première ligne

Les banques multilatérales de développement constituent la principale catégorie de créanciers extérieurs, avec 8 585 milliards de francs CFA à fin 2025.




Les créanciers bilatéraux détiennent, pour leur part, 4 369 milliards de francs CFA. Ce montant comprend 2 861 milliards de prêts bilatéraux et 1 508 milliards de crédits à l’exportation.

Les créanciers commerciaux représentent 5 440 milliards de francs CFA. Dans cette catégorie figurent notamment 2 929 milliards de dette envers les détenteurs d’euro-obligations, 1 511 milliards au titre des autres dettes commerciales et 1 000 milliards liés aux Total Return Swaps (TRS).

Les autorités précisent toutefois que ces données sont encore « préliminaires et susceptibles de rapprochement ».

8 738 milliards de dette intérieure

La dette intérieure s’établissait, quant à elle, à 8 738 milliards de francs CFA à fin décembre 2025.

Elle comprend notamment 6 086 milliards de francs CFA de bons et obligations du Trésor, 2 407 milliards de dettes bancaires et 245 milliards correspondant aux droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI.

Cette photographie de la dette intervient après un important travail de réconciliation des données réalisé avec les créanciers et partenaires financiers, avec l’appui du cabinet Forvis Mazars.

Une dette publique de 25 583 milliards fin 2024

Les données détaillées disponibles pour 2024 permettent également de mesurer l’évolution de l’endettement public.




Selon le Bulletin statistique de la dette publique 2019-2024, la dette du secteur public s’élevait à 25 583 milliards de francs CFA au 31 décembre 2024. Elle était composée de 23 667 milliards de dette de l’administration centrale et de 1 917 milliards de dette du secteur parapublic.

Pour l’administration centrale, la dette domestique atteignait 6 773 milliards de francs CFA, contre 16 894 milliards pour la dette extérieure.

La Banque mondiale et le FMI parmi les principaux créanciers multilatéraux

À fin 2024, les créanciers multilatéraux représentaient environ 40 % de la dette extérieure, avec un encours de 6 749 milliards de francs CFA.

La Banque mondiale constituait alors le principal créancier multilatéral du Sénégal, avec 2 803 milliards de francs CFA de créances. Elle était suivie par le FMI, avec 905 milliards, la Banque islamique de développement (BID), avec 896 milliards, et la Banque africaine de développement (BAD), avec 730 milliards.




Le solde, évalué à 1 414 milliards de francs CFA, était réparti entre plusieurs institutions, dont le Fonds africain de développement (FAD), la BOAD, la BADEA et la Banque européenne d’investissement (BEI).

Les détenteurs d’euro-obligations pèsent lourd

Les créanciers commerciaux détenaient, à fin 2024, un stock de 5 672 milliards de francs CFA, soit environ 34 % de la dette extérieure.

Les détenteurs d’euro-obligations représentaient à eux seuls 3 133 milliards de francs CFA. D’autres créances étaient notamment détenues par Standard Chartered, avec 579 milliards, Société Générale Côte d’Ivoire, avec 400 milliards, et Cargill, avec 358 milliards.

Le reste, estimé à 1 200 milliards de francs CFA, était réparti entre plusieurs établissements financiers internationaux, dont Afreximbank, Crédit Agricole CIB, MUFG, Natixis, Deutsche Bank, Barclays, Rand Merchant Bank et Africa Finance Corporation (AFC).

Chine et France parmi les principaux créanciers bilatéraux

Du côté des créanciers bilatéraux, la Chine occupait la première place à fin 2024. L’Exim Bank of China détenait alors environ 1 380 milliards de francs CFA de créances sur le Sénégal, soit 47 % du stock de dette bilatérale.

La France, à travers l’Agence française de développement (AFD), suivait avec 808 milliards de francs CFA.

Le Japon, par l’intermédiaire de la JICA, détenait 157 milliards de francs CFA, tandis que l’Inde représentait 140 milliards et le Koweït 124 milliards.

Enfin, une vingtaine d’établissements financiers détenaient environ 1 539 milliards de francs CFA de créances correspondant aux crédits à l’exportation, avec notamment la branche de financement et d’investissement de Société Générale, SG CIB, parmi les principaux acteurs.

Avec un encours global de 27 132 milliards de francs CFA à fin 2025, dont 18 394 milliards de dette extérieure, le Sénégal entre ainsi dans une nouvelle phase de discussions avec ses créanciers. L’enjeu pour les autorités sera désormais de définir les modalités permettant de traiter cette dette tout en préservant les équilibres financiers du pays.


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