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Politique

Centrafrique : malgré les progrès sécuritaires, la Minusca appelée à maintenir ses effectifs

Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies poursuit jusqu’au 15 novembre les négociations sur le renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), les responsables onusiens appellent à la prudence.

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Centrafrique : malgré les progrès sécuritaires, la Minusca appelée à maintenir ses effectifs

Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies poursuit jusqu’au 15 novembre les négociations sur le renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), les responsables onusiens appellent à la prudence. Lors de son briefing du mardi 20 octobre, la cheffe de la mission, Valentine Rugwabiza, a salué les avancées enregistrées par les autorités centrafricaines, tout en plaidant pour le maintien d’un dispositif militaire suffisamment robuste afin de faire face aux menaces persistantes dans certaines régions du pays.


À quelques jours de son départ, la responsable rwandaise a dressé un bilan globalement positif de l’évolution de la situation en République centrafricaine. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’éviter un retrait précipité des Casques bleus et un transfert trop rapide des responsabilités sécuritaires aux forces nationales. Une position qui semble faire consensus parmi les membres du Conseil de sécurité, conscients des progrès réalisés, mais également des risques liés à une réduction prématurée de la présence onusienne.


Au cours de son dernier briefing, Valentine Rugwabiza a ainsi recommandé le renouvellement du mandat de la Minusca pour une année supplémentaire. Cette proposition s’appuie notamment sur les résultats obtenus ces derniers mois dans le processus de stabilisation du pays. Plus de 1 900 combattants ont été désarmés au cours des quinze derniers mois, tandis que les autorités centrafricaines ont poursuivi leurs efforts pour renforcer la gouvernance et étendre la présence de l’État sur l’ensemble du territoire.


La mise en place d’un comité interministériel centrafricain constitue également l’une des avancées relevées par la cheffe de la Minusca. À cela s’ajoutent les progrès enregistrés dans la décentralisation des institutions nationales. Ce chantier reste néanmoins inachevé, avec une cinquantaine de municipalités qui doivent encore être installées. Autant d’éléments qui témoignent d’une dynamique institutionnelle encourageante, mais qui ne suffisent pas encore à garantir une stabilité durable dans toutes les régions du pays.


Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure particulièrement fragile dans plusieurs zones, notamment dans le nord-est du pays, autour d’Am Dafok, ainsi que dans la région des trois frontières entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan. Ces territoires restent exposés à des menaces armées susceptibles de remettre en cause les progrès accomplis.


Pour Valentine Rugwabiza, la présence de la Minusca demeure donc indispensable pour soutenir les Forces armées centrafricaines (Faca), notamment dans les zones où les capacités opérationnelles nationales restent insuffisantes face aux groupes armés.


Les événements survenus le 30 juin à Am Dafok illustrent, selon les éléments présentés lors du briefing, l’importance de cette coopération militaire. À la suite d’une offensive armée, les forces centrafricaines ont pu reprendre le contrôle de la zone en cinq jours avec l’appui des Casques bleus. Sans cette intervention, les Faca auraient difficilement pu rétablir leur présence dans ce secteur dans les mêmes délais.


Cette situation met en évidence les limites d’une transition sécuritaire engagée trop rapidement. Si les forces nationales ont enregistré des progrès, leur capacité à assurer seules la protection de l’ensemble du territoire reste tributaire de plusieurs facteurs, notamment les moyens logistiques, les effectifs disponibles et la persistance des menaces transfrontalières.


La Russie a également rappelé, au cours des échanges, le soutien apporté par ses ressortissants engagés sur le terrain. Cette intervention souligne la diversité des acteurs impliqués dans les efforts de stabilisation en Centrafrique, alors que l’avenir du dispositif international de sécurité fait l’objet de discussions au Conseil de sécurité.


Du côté des autorités centrafricaines, la prudence est également de mise. L’ambassadeur de la République centrafricaine auprès des Nations unies a reconnu que les contraintes budgétaires auxquelles font face les opérations de maintien de la paix pourraient inciter certains États membres à réduire les moyens alloués à la Minusca.


Toutefois, Bangui estime ne pas disposer, à ce stade, des ressources financières nécessaires pour assumer seul l’intégralité des responsabilités actuellement exercées avec l’appui de la mission onusienne. Pour les autorités centrafricaines, un transfert complet ne saurait être envisagé tant que des menaces sécuritaires persistent dans plusieurs parties du territoire.


Dans cette perspective, le diplomate centrafricain a proposé la réalisation d’une évaluation conjointe des besoins opérationnels, institutionnels et budgétaires liés au transfert progressif des responsabilités. Une telle démarche permettrait de déterminer les capacités réellement disponibles au niveau national et d’identifier les moyens nécessaires pour garantir la continuité des efforts de stabilisation.


Cette proposition traduit la volonté de Bangui d’éviter qu’une réduction des effectifs ou des ressources de la Minusca ne compromette les acquis enregistrés ces dernières années. Elle pose également la question du calendrier et des conditions dans lesquelles les forces nationales pourront progressivement prendre le relais des Casques bleus.


À l’approche de l’échéance du 15 novembre, les discussions au Conseil de sécurité se concentrent ainsi sur un équilibre délicat : reconnaître les progrès accomplis par la République centrafricaine tout en préservant les moyens nécessaires à la consolidation de la paix.


Le renouvellement du mandat de la Minusca pour une année supplémentaire, recommandé par Valentine Rugwabiza, apparaît comme une option destinée à éviter une rupture dans l’accompagnement sécuritaire du pays. Mais les négociations devront également tenir compte des contraintes financières qui pèsent sur les opérations onusiennes et des attentes des autorités centrafricaines en matière de transfert des responsabilités.


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