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Société

Affaire Pape Cheick Diallo : les proches des suspects dénoncent des violations des droits de la défense

L’« affaire Pape Cheick Diallo », du nom attribué à ce vaste dossier judiciaire qui secoue la banlieue dakaroise depuis le début de l’année 2026, continue de provoquer de vives réactions au Sénégal. Trois mois après les premières interpellations à Pikine…

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Affaire Pape Cheick Diallo : les proches des suspects dénoncent des violations des droits de la défense

L’« affaire Pape Cheick Diallo », du nom attribué à ce vaste dossier judiciaire qui secoue la banlieue dakaroise depuis le début de l’année 2026, continue de provoquer de vives réactions au Sénégal. Trois mois après les premières interpellations à Pikine et Guédiawaye, les critiques se multiplient autour de la gestion de l’enquête, notamment sur le respect des droits des personnes mises en cause et la préservation du secret de l’instruction.

À l’origine de cette affaire, des accusations présumées « d’actes contre nature », d’« association de malfaiteurs », de « transmission volontaire du VIH/SIDA » et de « blanchiment de capitaux ». Les investigations menées par les enquêteurs avaient conduit à plusieurs perquisitions au cours desquelles des préservatifs, des lubrifiants et divers matériels avaient été saisis. Plusieurs personnes avaient ensuite été placées en garde à vue, tandis que certains cas de séropositivité avaient également été détectés durant les investigations.

Selon le quotidien Les Echos, plus de 90 personnes ont été interpellées depuis le début de cette procédure judiciaire. Toutefois, une quinzaine d’inculpés n’auraient toujours pas été entendus sur le fond du dossier, malgré plusieurs semaines de détention et d’enquête. Une situation qui alimente aujourd’hui la colère et l’inquiétude des familles ainsi que des proches des suspects.

Ces derniers dénoncent ce qu’ils considèrent comme une grave atteinte aux droits de la défense. Ils estiment que certaines procédures ne respecteraient pas les garanties fondamentales prévues par la loi sénégalaise, notamment en ce qui concerne les délais d’audition et les conditions de traitement des mis en cause. Toujours selon Les Echos, les proches des inculpés parlent également d’une violation répétée de la présomption d’innocence.

En cause, la diffusion régulière sur les réseaux sociaux et dans certains médias d’extraits d’auditions, de procès-verbaux ou d’informations liées à l’enquête. Pour les familles des suspects, ces fuites portent atteinte à la dignité des personnes citées dans le dossier et compromettent le bon déroulement de la procédure judiciaire. Elles accusent certains acteurs de transformer cette affaire en procès médiatique avant même toute décision de justice.

Le journal rapporte ainsi que, selon l’entourage des personnes poursuivies, « dans la recherche de preuves pour la manifestation de la vérité, la justice piétine les règles ». Une déclaration qui traduit le climat de tension autour de cette affaire devenue hautement sensible au Sénégal.

Le dossier a également pris une dimension médiatique importante en raison des personnalités citées ou interpellées dans le cadre de l’enquête. Parmi elles figurent le chanteur Djibril Dramé ainsi qu’Abdou Aziz Guèye, acteur connu pour son rôle dans la série télévisée « Mariama ». La présence de figures publiques dans cette affaire a considérablement amplifié les réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique.

Face aux nombreuses révélations et aux fuites constatées dans la presse, le Premier ministre Ousmane Sonko était lui-même monté au créneau. Depuis la tribune de l’Assemblée nationale, il avait dénoncé la violation du secret de l’instruction et demandé l’ouverture d’une enquête disciplinaire afin de situer les responsabilités concernant la divulgation d’informations confidentielles liées à cette procédure judiciaire.

Alors que les investigations se poursuivent, cette affaire continue de susciter un débat national entre impératif judiciaire, respect des droits fondamentaux et gestion médiatique des dossiers sensibles.

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