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Société

Affaire des “billets noirs” : dix ans de prison requis contre l’ex-commandant Ibrahima Chimère Barro

Le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye a examiné une affaire de présumée contrefaçon de signes monétaires impliquant l’ancien commandant de l’armée Ibrahima Chimère Barro et trois autres prévenus. Au terme des débats, le parquet a requis une peine…

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Affaire des “billets noirs” : dix ans de prison requis contre l’ex-commandant Ibrahima Chimère Barro

Le tribunal correctionnel de Pikine-Guédiawaye a examiné une affaire de présumée contrefaçon de signes monétaires impliquant l’ancien commandant de l’armée Ibrahima Chimère Barro et trois autres prévenus. Au terme des débats, le parquet a requis une peine de dix ans de prison ferme contre l’officier radié de l’armée, assortie d’une amende de 20 millions de francs CFA. Des sanctions similaires ont également été demandées à l’encontre de ses co-accusés.

Les faits remontent à l’année 2023, à la suite d’une opération de la gendarmerie menée dans la commune de Keur Massar. Selon l’accusation, les quatre hommes seraient impliqués dans un réseau organisé spécialisé dans le trafic de « billets noirs », une pratique frauduleuse consistant à faire croire à l’existence de billets de banque noircis qu’il serait possible de « laver » pour les transformer en véritables coupures.

D’après les éléments présentés par le parquet, Ibrahima Chimère Barro aurait joué un rôle central dans cette organisation. L’ancien officier est présenté comme le détenteur principal du stock de faux billets. Hubert Assogba aurait, quant à lui, servi d’intermédiaire en se chargeant de la prospection et du démarchage auprès de potentielles victimes. Les deux autres prévenus, Mbacké Sow Ndiaye, étudiant, et Mamadou Fatou Ndiaye, agent des Postes, auraient été chargés des opérations de lavage et de mise en circulation des billets supposés contrefaits.

L’enquête a été déclenchée après des renseignements ayant conduit les gendarmes à intervenir à Keur Massar. Au cours de cette opération, les enquêteurs affirment avoir saisi une sacoche contenant du matériel jugé compromettant, susceptible d’être utilisé dans les opérations de manipulation et de transformation des billets noirs.

Cependant, lors de leur comparution devant le tribunal, les quatre accusés ont adopté une ligne de défense commune en rejetant catégoriquement les accusations portées contre eux. Ibrahima Chimère Barro a affirmé que les aveux qu’il avait initialement faits au cours de l’enquête avaient été obtenus sous pression. Il a expliqué avoir reconnu les faits après qu’un supérieur lui aurait assuré qu’une telle démarche permettrait de régler rapidement l’affaire.

Les autres prévenus ont également nié toute implication dans un réseau de faux monnayage. Ils ont soutenu qu’ils n’avaient jamais participé à des activités liées à la fabrication, au lavage ou à la circulation de billets noirs.

Les avocats de la défense ont pour leur part vivement contesté la solidité du dossier présenté par l’accusation. Selon eux, l’affaire reposerait sur des éléments insuffisants et souffrirait de nombreuses lacunes. Ils ont notamment souligné l’absence de scellés présentés au tribunal et le manque d’expertise technique permettant de confirmer que les billets saisis étaient effectivement des contrefaçons.

Malgré ces arguments, le parquet est resté ferme dans ses réquisitions. Le ministère public estime que les éléments de l’enquête permettent d’établir l’existence d’un réseau structuré de trafic de faux billets et considère que les quatre hommes doivent être reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés.

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