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Société

Dette publique : 746 milliards FCFA à payer d’ici mars 2026, l’économiste Ousmane Beye alerte sur un risque de choc social

Le Sénégal s’apprête à franchir un cap financier particulièrement délicat. À l’horizon mars 2026, l’État devra honorer une échéance colossale estimée à 746 milliards de francs CFA. Un montant qui suscite de vives inquiétudes chez plusieurs experts, dont…

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Dette publique : 746 milliards FCFA à payer d’ici mars 2026, l’économiste Ousmane Beye alerte sur un risque de choc social

Le Sénégal s’apprête à franchir un cap financier particulièrement délicat. À l’horizon mars 2026, l’État devra honorer une échéance colossale estimée à 746 milliards de francs CFA. Un montant qui suscite de vives inquiétudes chez plusieurs experts, dont l’économiste Dr Ousmane Beye, qui estime que la restructuration de la dette n’est désormais plus une option, mais une nécessité urgente pour préserver la stabilité économique et sociale du pays.

Le compte à rebours est lancé. Dans l’agenda du Trésor public, le mois de mars 2026 s’annonce comme une période de fortes turbulences budgétaires. Sur les 746 milliards de FCFA à décaisser, près de 221 milliards concernent le remboursement des eurobonds, ces emprunts contractés par l’État sur les marchés financiers internationaux. Cette concentration d’échéances sur une période aussi courte exerce une pression considérable sur les finances publiques.

Intervenant sur les ondes de IRadio, Dr Ousmane Beye a tenu à rappeler que cette situation n’a rien d’imprévisible. Selon lui, les autorités comme les analystes étaient pleinement conscients de l’arrivée de cette échéance. « L’échéance de mars 2026, tout le monde l’attendait. Aussi bien les pouvoirs publics que les experts. On savait que l’État devrait payer cette somme », a-t-il souligné, insistant sur le fait que des alertes avaient été lancées bien en amont.

Pour l’économiste, absorber un tel montant en une seule fois représente un choc potentiellement « extrêmement coûteux » pour le tissu économique sénégalais. Le risque ne se limite pas à une simple tension budgétaire : il pourrait se traduire par des répercussions directes sur la croissance, l’investissement public et, in fine, le pouvoir d’achat des ménages.

Face à cette situation, plusieurs scénarios se dessinent. Le premier consisterait à contracter de nouveaux emprunts afin de rembourser les dettes arrivant à échéance. Cette stratégie de refinancement, souvent qualifiée de « cavalerie financière », reste toutefois tributaire des conditions du marché international. Si les taux d’intérêt sont élevés ou si la confiance des investisseurs s’effrite, l’opération pourrait alourdir davantage le service de la dette et fragiliser encore plus les comptes publics.

Un autre scénario, plus préoccupant pour les populations, serait la répercussion indirecte du coût de la dette sur les prix à la consommation. Si l’État ne parvient pas à mobiliser suffisamment de ressources ou à refinancer à des conditions favorables, il pourrait être contraint d’augmenter certains impôts, taxes ou tarifs publics. « Si l’État ne peut pas emprunter pour refinancer, il sera obligé de répercuter tout cela sur les populations. Le prix à la consommation risque d’en pâtir », a averti Dr Beye. Une telle évolution interviendrait dans un contexte déjà marqué par des tensions sur le coût de la vie, faisant craindre un mécontentement social.

Pour éviter une impasse budgétaire et un éventuel choc social majeur, l’économiste préconise une restructuration encadrée de la dette, avec l’accompagnement du Fonds monétaire international . Une telle démarche permettrait de rééchelonner les paiements, d’étaler les échéances dans le temps et de restaurer la crédibilité financière du pays auprès des partenaires internationaux.

Selon lui, agir en amont est essentiel pour prévenir une « mauvaise surprise » qui pourrait déstabiliser l’économie nationale. La restructuration, bien que souvent perçue comme un aveu de faiblesse, pourrait au contraire constituer un instrument de gestion responsable, permettant d’amortir le choc et de préserver les équilibres macroéconomiques.

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