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Société

Crise universitaire : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une refonte souveraine du système éducatif sénégalais

Invitée ce dimanche sur le plateau de « Point de Vue » à la RTS, la présidente de la Commission Nationale des Drois de l’Homme (CNDH), la Professeure Amsatou Sow Sidibe , a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’université sénégalaise. Pour…

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Crise universitaire : Amsatou Sow Sidibé plaide pour une refonte souveraine du système éducatif sénégalais

Invitée ce dimanche sur le plateau de « Point de Vue » à la RTS, la présidente de la Commission Nationale des Drois de l’Homme (CNDH), la Professeure Amsatou Sow Sidibe , a livré une analyse sans détour de la crise qui secoue l’université sénégalaise. Pour cette figure majeure du monde académique et juridique, les tensions récurrentes liées aux bourses, aux retards académiques et aux perturbations du calendrier ne sont que les manifestations visibles d’un mal plus profond qui affecte structurellement le système d’enseignement supérieur.

Au cœur de son diagnostic, la juriste pointe le système LMD (Licence-Master-Doctorat), qu’elle estime aujourd’hui inadapté aux réalités sénégalaises. « Le système LMD, il faut le revoir. C’est un gros problème », a-t-elle déclaré avec gravité. Selon elle, ce modèle, inspiré et importé de pays occidentaux, a été transposé au Sénégal sans une adaptation suffisante aux spécificités locales. Elle rappelle que ce dispositif a été conçu dans des contextes disposant de ressources, d’infrastructures et de capacités d’encadrement bien plus importantes.

Pour Amsatou Sow Sidibé, la question dépasse la simple organisation des cycles universitaires. Elle soulève un enjeu de souveraineté éducative. À ses yeux, un pays ne peut bâtir un système performant en reproduisant mécaniquement des schémas conçus ailleurs. « L’idée de souveraineté dans le domaine de l’éducation doit prévaloir », a-t-elle affirmé, appelant à une prise de conscience collective. Elle précise ne pas parler d’un échec formel du LMD, mais plutôt d’une « non-réussite », soulignant ainsi la nécessité d’un examen lucide et objectif de ses résultats au Sénégal.

La présidente de la CNDH met également en lumière les failles structurelles qui entravent le bon fonctionnement du système. Elle évoque un déficit criant d’infrastructures universitaires, un manque de ressources financières et une insuffisance notable d’enseignants-chercheurs qualifiés. Selon elle, le LMD exige des moyens conséquents pour garantir un suivi pédagogique rigoureux, des évaluations continues efficaces et un encadrement adapté des étudiants. Or, ces conditions ne sont pas réunies de manière satisfaisante.

Dans ce contexte, elle estime que les crises récurrentes dans les universités ne peuvent être résolues par des mesures ponctuelles ou des réponses conjoncturelles. Les revendications liées aux bourses ou à la restauration universitaire, bien qu’importantes, ne constituent qu’une partie du problème. Le véritable défi réside dans la conception même du modèle éducatif et dans la capacité de l’État à l’adapter aux réalités socio-économiques du pays.

Amsatou Sow Sidibé ouvre ainsi le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur au Sénégal. Faut-il corriger et adapter le système LMD en profondeur ou envisager l’élaboration d’un modèle alternatif, conçu sur mesure pour répondre aux besoins nationaux ? Pour elle, la réflexion doit être inclusive, associant les autorités, les universitaires, les étudiants et l’ensemble des acteurs concernés.

À travers cette prise de position, la présidente de la CNDH invite à dépasser les réponses d’urgence pour engager une réforme structurelle ambitieuse. Une réforme qui placerait la souveraineté éducative, la qualité de l’encadrement et l’adéquation aux réalités nationales au cœur des priorités, afin de redonner à l’université sénégalaise stabilité, crédibilité et efficacité.

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