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Société

KAOLACK – Libertés syndicales en question : la CNTS dénonce une atteinte aux acquis sociaux à la mairie

Le climat social se crispe à la mairie de Kaolack, où une décision administrative récente alimente une vive controverse entre l’exécutif municipal et le mouvement syndical. La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), par la voix du…

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KAOLACK – Libertés syndicales en question : la CNTS dénonce une atteinte aux acquis sociaux à la mairie

Le climat social se crispe à la mairie de Kaolack, où une décision administrative récente alimente une vive controverse entre l’exécutif municipal et le mouvement syndical. La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), par la voix du Syndicat des travailleurs des collectivités territoriales, dénonce ce qu’elle considère comme une remise en cause préoccupante des libertés syndicales garanties par la législation en vigueur.

Au cœur de la polémique se trouve un local syndical dont la municipalité envisagerait la récupération en vue de sa réaffectation à un usage social, notamment la création d’un espace ludique destiné aux enfants. Si l’initiative sociale, en tant que telle, ne suscite pas d’opposition de principe, la CNTS fustige la démarche adoptée par les autorités municipales, jugée unilatérale et contraire aux règles fondamentales du dialogue social.

Réunis ce samedi face à la presse, les responsables syndicaux ont tenu à souligner que cette décision dépasse largement la question d’un simple réaménagement immobilier. Selon eux, elle pose un problème de fond lié au respect des droits collectifs des travailleurs au sein des collectivités territoriales. La centrale syndicale estime que la suppression ou la réaffectation d’un local syndical sans concertation préalable constitue un précédent dangereux.

« Les locaux syndicaux sont des acquis sociaux obtenus au prix de longues luttes. Leur remise en cause, sans dialogue ni concertation, constitue une atteinte grave à la liberté syndicale », a déclaré Abdou Khadre Diop, Secrétaire national des travailleurs des collectivités territoriales affiliés à la CNTS. Il rappelle que ces espaces ne sont pas de simples biens matériels, mais des symboles et des outils essentiels à l’exercice de l’action syndicale.

Au-delà du cas spécifique de Kaolack, la CNTS exprime sa crainte de voir cette initiative créer un effet d’entraînement dans d’autres collectivités territoriales. En l’absence de dialogue social, avertit-elle, ce précédent pourrait fragiliser durablement le mouvement syndical au niveau local et ouvrir la voie à d’autres formes de restrictions portant atteinte aux libertés syndicales dans le pays.

Tout en réaffirmant son attachement au développement local et aux politiques sociales au bénéfice des populations, la CNTS insiste sur le fait que ces objectifs ne peuvent être poursuivis au détriment des droits des travailleurs. Pour la centrale syndicale, développement communal et respect des acquis sociaux doivent aller de pair et s’inscrire dans une gouvernance locale fondée sur la concertation et la transparence.

Dans un esprit qu’elle qualifie de responsable, la CNTS se dit disposée à engager le dialogue avec les autorités municipales afin de trouver une solution consensuelle. Elle prévient toutefois qu’en cas de persistance de la situation actuelle, elle n’exclut aucun recours légal ou syndical pour défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs des collectivités territoriales.

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