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Société

Tribunal d’Instance de Dakar : Abdou Karim Guéye alias Karim Xurum Xax relaxé après son procès

Abdou Karim Guéye, plus connu sous le nom de Karim Xurum Xax, a comparu ce jeudi 15 janvier 2026 devant le tribunal d’Instance de Dakar pour répondre des faits de participation à une manifestation non autorisée. Les faits remontent au 12 janvier dernier,…

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Tribunal d’Instance de Dakar : Abdou Karim Guéye alias Karim Xurum Xax relaxé après son procès

Abdou Karim Guéye, plus connu sous le nom de Karim Xurum Xax, a comparu ce jeudi 15 janvier 2026 devant le tribunal d’Instance de Dakar pour répondre des faits de participation à une manifestation non autorisée. Les faits remontent au 12 janvier dernier, date à laquelle l’activiste a été interpellé à la place de l’Indépendance, en marge d’un rassemblement de personnes à mobilité réduite.

Selon l’accusation, Karim Xurum Xax se trouvait au milieu d’un groupe d’invalides au moment des faits, où il tenait un point de presse pour dénoncer l’arrestation récente de deux mendiants par la police, finalement libérés avant son interpellation. Ce jour-là, l’activiste a été arrêté en même temps que quatorze mendiants, lesquels ont par la suite tous été relâchés sans poursuites.

Placée en garde à vue, Abdou Karim Guéye a adopté une posture de silence face aux enquêteurs. « Je n’ai rien à dire », aurait-il déclaré, avant de refuser de signer le procès-verbal, expliquant par la suite qu’il craignait une déformation de ses propos. Dans le cadre de l’enquête, certains mendiants ont néanmoins été entendus. Modou Faye et Astou Sow ont notamment affirmé que la manifestation avait été initiée par l’activiste.

À la barre, Karim Xurum Xax a vigoureusement contesté les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué s’être rendu à la police centrale uniquement pour apporter un soutien moral à des mendiants arrêtés auparavant. À son arrivée, ces derniers avaient déjà été libérés. « Ils étaient au nombre de quatorze. Dans le groupe, il y avait des femmes handicapées avec des bébés. C’est ainsi que je les ai accompagnés », a-t-il déclaré. Il raconte qu’en chemin, un agent de police leur aurait demandé de se placer, ce qu’ils ont fait calmement avant de se retrouver au jardin public de la place de l’Indépendance.

L’activiste a soutenu qu’il conseillait simplement ces personnes vulnérables à s’organiser ultérieurement pour tenir une manifestation encadrée afin de dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations récurrentes. Il affirme également que son interpellation est intervenue après qu’un journaliste, de passage sur les lieux, lui a demandé les raisons de sa présence. « Je lui ai répondu que j’étais venu assister des mendiants arrêtés. C’est à ce moment-là que les éléments de la police m’ont interpellé », a-t-il relaté.

Revenant sur son refus de coopérer lors de l’enquête, Karim Xurum Xax a réaffirmé sa position de principe. « Je suis un activiste, j’ai des principes que je défends. Pour moi, placer en garde à vue des femmes à mobilité réduite est inhumain. J’étais venu leur apporter un soutien moral et de la nourriture. Je n’étais pas venu pour manifester », a-t-il conclu devant le tribunal.

Dans ses observations, le procureur de la République a estimé que les éléments constitutifs du délit de participation à une manifestation non autorisée étaient réunis. Se fondant sur l’article 87 du Code pénal, le parquet a requis une peine de deux ans d’emprisonnement, dont deux mois ferme, assortie d’une amende de 200 000 francs CFA.

La défense, composée de Mes El Hadji Diouf, El Hadji Amadou Sall, Aboubacry Deh, Sayba Danfakha et Aboubacary Barro, a pour sa part plaidé la relaxe pure et simple. Les avocats ont dénoncé un réquisitoire jugé excessif, estimant qu’aucune infraction pénale n’était caractérisée dans ce dossier.

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