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Société

Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son…

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Révision constitutionnelle annoncée : des organisations lancent la plateforme citoyenne « Touche pas à notre Constitution »

L’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d’engager dès le premier trimestre de l’année 2026 une série de projets de lois, dont une révision constitutionnelle, continue de susciter de vives réactions dans l’espace public. Dans son discours traditionnel du Nouvel An, le chef de l’État avait indiqué son intention de soumettre ces textes à l’Assemblée nationale, ouvrant ainsi un nouveau cycle de réformes institutionnelles majeures.

En réaction à cette perspective, plusieurs organisations citoyennes et politiques ont décidé de s’unir pour créer une nouvelle plateforme dénommée « Référendum Rek (seulement) – Touche pas à notre Constitution ». Il s’agit notamment du mouvement Rappel à l’Ordre, du Front de Résistance de la Diaspora Sénégalaise (FRDS), du Rassemblement des Travailleurs (RTS) et du Mouvement des Sénégalais Démocrates (MSD). À travers cette initiative commune, ces organisations entendent s’opposer à toute modification de la Loi fondamentale par la seule voie parlementaire.

Pour les promoteurs de la plateforme, la Constitution ne saurait être modifiée sur la base d’une majorité politique jugée conjoncturelle. Ils estiment que ce texte fondateur de la République appartient exclusivement au peuple sénégalais et que toute réforme d’une telle portée doit impérativement passer par un référendum. Selon eux, confier cette responsabilité à une Assemblée nationale perçue comme partisane constituerait une entorse grave à l’esprit républicain, à l’État de droit et au pacte démocratique qui lie les citoyens aux institutions.

La plateforme affirme ainsi vouloir replacer le peuple au centre du processus décisionnel, en exigeant que toute réforme constitutionnelle fasse l’objet d’une consultation populaire directe. À leurs yeux, un passage en force par voie parlementaire remettrait en cause les principes fondamentaux de souveraineté populaire et affaiblirait la confiance des citoyens dans les institutions.

Si le contenu précis des réformes envisagées par le président Diomaye Faye n’a pas encore été officiellement dévoilé, les organisations à l’origine de la plateforme indiquent que les projets annoncés concerneraient plusieurs piliers du système institutionnel sénégalais. Il s’agirait notamment de la révision de la Constitution, de la réforme de la Cour constitutionnelle, du Conseil supérieur de la magistrature, de la Commission électorale nationale indépendante ainsi que du code électoral.

Le chef de l’État avait par ailleurs précisé que d’autres réformes seraient inscrites dans un agenda d’adoption progressif, cohérent avec la durée du mandat présidentiel et le rythme institutionnel du pays. Une approche qui, loin de rassurer certains acteurs, alimente au contraire les inquiétudes de la nouvelle plateforme, laquelle redoute une reconfiguration profonde de l’architecture institutionnelle sans consultation populaire préalable.

Avec la création de « Touche pas à notre Constitution », le débat sur les réformes institutionnelles s’annonce déjà vif et polarisé. À quelques mois du dépôt annoncé des projets de lois, la question du référendum s’impose ainsi comme un enjeu central du débat démocratique, opposant la logique parlementaire défendue par le pouvoir à l’exigence de souveraineté populaire portée par une partie de la société civile et de l’opposition.

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