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Justice

Affaire Madiambal Diagne : l’APDH dénonce une “ingérence” de la justice française et interpelle la ministre Yassine Fall

L’Association pour la Protection des Droits Humains (APDH) est montée au créneau après la demande de complément d’information formulée par la Cour d’Appel de Versailles dans le dossier relatif à l’extradition de Madiambal Diagne. Dans une lettre adressée à…

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Affaire Madiambal Diagne : l’APDH dénonce une “ingérence” de la justice française et interpelle la ministre Yassine Fall

L’Association pour la Protection des Droits Humains (APDH) est montée au créneau après la demande de complément d’information formulée par la Cour d’Appel de Versailles dans le dossier relatif à l’extradition de Madiambal Diagne. Dans une lettre adressée à la Garde des Sceaux, Mme Yassine Fall, le président de l’organisation, Dr Mbaye Cissé, exprime ses vives préoccupations et qualifie cette requête d’“ingérence manifeste” dans une procédure qu’il estime relever exclusivement de la compétence des autorités sénégalaises.

La Cour d’Appel de Versailles a sollicité, avant le 21 janvier 2026, des éléments supplémentaires concernant le dossier du journaliste Madiambal Diagne. Pour l’APDH, cette démarche apparaît non seulement “dilatoire”, mais également susceptible d’affecter le déroulement normal de la procédure en cours au Sénégal. L’organisation affirme que cette exigence pourrait être perçue comme une tentative d’influer sur une affaire strictement interne, en contradiction, selon elle, avec les principes du droit international.

Dans sa correspondance, Dr Mbaye Cissé invoque en particulier l’article 2-7 de la Charte des Nations Unies, qui proscrit toute intervention d’un État dans les affaires relevant de la juridiction interne d’un autre. À ses yeux, la demande formulée par la juridiction française va à l’encontre de ce principe fondamental et porte atteinte à la souveraineté judiciaire du Sénégal.

L’APDH rappelle également que les conventions d’entraide judiciaire et d’extradition signées entre Dakar et Paris en septembre 2021, puis approuvées en juin 2023, ont pour vocation de faciliter la coopération entre les deux pays, sans pour autant autoriser un réexamen du fond d’un dossier par la partie requise. En matière d’extradition, souligne l’association, les critères usuels se limitent à la double incrimination, à la vérification de la nationalité de la personne visée et au respect des garanties fondamentales, notamment l’interdiction de la torture ou de tout traitement inhumain ou dégradant. À ce titre, le Sénégal étant partie à plusieurs instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont la Convention contre la torture de 1984, il lui revient de prouver son engagement en matière de protection des libertés fondamentales sans subir de pression extérieure.

Pour Dr Cissé, l’initiative de la Cour d’Appel de Versailles pourrait non seulement être interprétée comme une remise en question de la fiabilité de la justice sénégalaise, mais également ouvrir la voie à des précédents fâcheux dans la gestion des dossiers de coopération judiciaire. Il exhorte ainsi la ministre de la Justice à ne pas donner suite à cette requête, tout en invitant les autorités à appliquer le principe de réciprocité dans toute situation similaire provenant de la France.

L’APDH appelle enfin l’État du Sénégal à rester ferme face à ce qu’elle considère comme des “pressions” et des “subterfuges” susceptibles d’entacher la crédibilité et la moralité de l’institution judiciaire. Selon l’organisation, préserver l’indépendance et la dignité de la justice sénégalaise doit rester une priorité absolue, particulièrement dans un dossier aussi sensible que celui de Madiambal Diagne.

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