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Société

Tension et heurts à Sacré-Cœur : la manifestation du collectif « Ñaxtu National » violemment dispersée

La tension est montée d’un cran hier dans le quartier de Sacré-Cœur, à Dakar, où le rassemblement du collectif « Ñaxtu National » a tourné court sous la pression des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Ce qui devait être une simple manifestation…

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Tension et heurts à Sacré-Cœur : la manifestation du collectif « Ñaxtu National » violemment dispersée

La tension est montée d’un cran hier dans le quartier de Sacré-Cœur, à Dakar, où le rassemblement du collectif « Ñaxtu National » a tourné court sous la pression des Forces de Défense et de Sécurité (FDS). Ce qui devait être une simple manifestation pacifique s’est mué en une scène de chaos, marquée par des tirs nourris de grenades lacrymogènes et des scènes de panique.

Dès les premières heures de l’après-midi, un imposant dispositif sécuritaire a été déployé sur la Voie de Dégagement Nord (VDN) et dans les artères avoisinantes. Les forces de l’ordre, casquées et lourdement équipées, occupaient tous les points stratégiques afin d’empêcher toute tentative de regroupement. Malgré cette présence massive, plusieurs militants ont tenté de braver l’interdiction préfectorale pour répondre à l’appel du collectif, déterminés à faire entendre leurs revendications.

La tension est rapidement montée lorsque les premiers manifestants ont commencé à se rassembler. Des échanges verbaux entre les militants et les forces de l’ordre ont dégénéré en affrontements. Les FDS ont alors fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. En quelques minutes, la zone s’est retrouvée enveloppée d’un épais nuage irritant, provoquant des scènes de panique parmi les participants, mais aussi chez les riverains et les journalistes venus couvrir l’événement.

Deux reporters ont été particulièrement affectés par les gaz. Pris de malaise, ils se sont effondrés avant d’être pris en charge par leurs collègues et conduits en lieu sûr. Les images de ces scènes, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive indignation dans les milieux de la presse et relancé le débat sur la protection des journalistes lors des opérations de maintien de l’ordre.

Dans le tumulte, plusieurs interpellations ont été signalées. Parmi les personnes arrêtées figureraient Talla Sylla et plusieurs figures du collectif « Ñaxtu National », connues pour leur engagement dans les mobilisations citoyennes. Leur arrestation a aussitôt provoqué des réactions de colère au sein du mouvement, qui dénonce une répression systématique des voix dissidentes.

À la tombée de la nuit, le calme est progressivement revenu à Sacré-Cœur, mais les stigmates de cette journée mouvementée restaient visibles : chaussées jonchées de projectiles, murs noircis par la fumée et une odeur persistante de gaz lacrymogène. Au-delà des dégâts matériels, cet épisode ravive le débat sur la liberté de manifestation au Sénégal, dans un contexte politique marqué par la crispation entre les autorités et les mouvements citoyens.

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