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Média

Liberté de la presse au Sénégal : le rapport critique du département d’État américain

Le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’État américain a livré, dans son rapport 2024, une évaluation préoccupante de la situation de la liberté d’expression et de la presse au Sénégal. Bien que la Constitution et…

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Le Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail du département d’État américain a livré, dans son rapport 2024, une évaluation préoccupante de la situation de la liberté d’expression et de la presse au Sénégal. Bien que la Constitution et la loi garantissent ces libertés, le document relève que le gouvernement a parfois imposé des restrictions, notamment à travers des sanctions pour diffamation et pour outrage au chef de l’État, visant y compris des journalistes.

Le rapport cite l’arrestation, le 24 juillet 2024, d’un membre de l’opposition pour délit d’outrage au chef de l’État, après des déclarations accusant des responsables du parti au pouvoir d’avoir menti pour accéder aux commandes du pays. L’intéressé a été libéré peu après. En septembre, l’ancien commissaire de police Cheikhna Keïta a, lui, été arrêté pour « diffusion de fausses nouvelles » après avoir publié un article évoquant un désaccord entre le président et le Premier ministre. Amnesty International avait dénoncé cette arrestation comme une restriction à la liberté d’expression, appelant à une réforme législative pour supprimer ce type de poursuites.

Le rapport note également des agressions, arrestations et pressions subies par des professionnels des médias. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), plus de 25 journalistes ont été agressés ou arrêtés lors des troubles civils de février 2024. Parmi les cas cités, celui de Kader Dia, interpellé le 30 septembre après avoir évoqué la corruption policière lors d’une émission en ligne sur Sen TV. La division spéciale de cybersécurité de la police lui reprochait ses propos tenus le 23 septembre. Cheikh Yérim Seck, journaliste et analyste, a quant à lui été arrêté le 1er octobre après avoir remis en question, sur 7TV le 27 septembre, l’exactitude d’une annonce budgétaire du Premier ministre. Tous deux ont été libérés le 3 octobre, et l’affaire Seck a finalement été classée sans suite.

En matière d’influence sur le paysage médiatique, le document souligne que le gouvernement sénégalais s’appuie sur des médias publics comme la Radio Télévision Sénégalaise (RTS) et le journal Le Soleil, accusés d’afficher régulièrement un parti pris progouvernemental. Si les journalistes indépendants ont pu critiquer le pouvoir sans toujours subir de représailles, certaines décisions ont marqué l’année, notamment la révocation, le 5 février, de la licence de diffusion de la chaîne privée Walfadjiri TV pour « diffusion d’images violentes et de propos subversifs, haineux et dangereux portant atteinte à la sécurité de l’État ».

Le rapport mentionne enfin des violences commises par des acteurs politiques contre des journalistes. Le 2 octobre, des partisans du leader de l’opposition Bougane Guèye Dany ont agressé Ngoné Diop et Maty Sarr Niang, reporters du site Sans Limites. Ngoné Diop a été empêchée de couvrir l’arrivée de Dany à la division de la cybercriminalité, tandis que Maty Sarr Niang a été giflée.

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