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Justice

Justice et santé en détention : le cas Farba Ngom ravive les soupçons de deux poids, deux mesures

Dans les méandres feutrés de la justice sénégalaise, une question revient avec une acuité croissante : tous les détenus sont-ils réellement égaux face à la loi, surtout lorsqu’il s’agit de leur droit à la santé ? L’affaire Farba Ngom, ancien député et…

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Justice et santé en détention : le cas Farba Ngom ravive les soupçons de deux poids, deux mesures

Dans les méandres feutrés de la justice sénégalaise, une question revient avec une acuité croissante : tous les détenus sont-ils réellement égaux face à la loi, surtout lorsqu’il s’agit de leur droit à la santé ? L’affaire Farba Ngom, ancien député et proche de l’ex-président Macky Sall, cristallise aujourd’hui les inquiétudes.

Alors que plusieurs figures politiques incarcérées ont récemment bénéficié de remises en liberté pour raisons médicales – notamment à la suite de rapports évoquant des pathologies chroniques ou des traitements incompatibles avec la détention – Farba Ngom, lui, reste derrière les barreaux. Et ce, malgré un état de santé qualifié de “critique” par ses proches et confirmé par plusieurs sources médicales concordantes.

Le contraste frappe. Entre avril et juillet 2025, au moins trois anciens dignitaires ou opposants emprisonnés ont vu leur détention suspendue pour des motifs de santé. Dans certains cas, les procédures ont été menées tambour battant, avec une célérité qui a surpris les observateurs. Ces décisions ont été saluées, à juste titre, comme des avancées en matière de respect des droits humains en détention.

Mais dans le cas de Farba Ngom, les démarches semblent s’enliser. Aucun signe d’accélération, aucun écho officiel sur une éventuelle prise en charge médicale hors des murs carcéraux, en dépit des signaux d’alerte.

Cette situation alimente les soupçons d’une justice à deux vitesses. « Il y a clairement une inégalité de traitement », confie un avocat du barreau de Dakar, sous anonymat. « Lorsqu’on regarde les cas similaires, on a du mal à croire que le droit est le seul moteur des décisions. » L’ombre d’un traitement à connotation politique plane, d’autant que Farba Ngom est considéré comme un pilier de l’ancien régime, proche de cercles aujourd’hui dans la disgrâce.

Pour les partisans de l’actuel pouvoir, la prudence est de mise. Certains estiment que les accusations portées contre lui sont trop graves pour justifier un assouplissement. D’autres rappellent que la procédure judiciaire suit son cours, et que toute interférence pourrait être perçue comme une entrave à l’indépendance de la justice.

Au-delà des considérations politiques, c’est l’humanité même du système judiciaire qui est interpellée. Peut-on laisser un homme malade dans une cellule au nom d’un passé politique, aussi sulfureux soit-il ? Le principe d’équité devant la loi ne peut se réduire à une option circonstancielle. La santé, rappelle le Code pénal sénégalais lui-même, est un droit fondamental, y compris – et surtout – pour les personnes privées de liberté.

La société civile, les organisations de défense des droits de l’homme et certains professionnels du droit appellent désormais à une clarification. « Si Farba Ngom n’a pas droit aux mêmes égards, qu’on nous explique pourquoi. Sinon, c’est l’image d’une justice sélective qui s’installe », dénonce un membre d’Amnesty Sénégal.

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