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Société

Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ…

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Ex-employés des bases françaises : les oubliés du retrait des EFS réclament leur intégration dans la fonction publique

Le départ officiel des Éléments français au Sénégal (EFS), acté le 30 juin 2025 avec la restitution des dernières installations militaires à l’État sénégalais, a laissé derrière lui plusieurs centaines de travailleurs dans l’incertitude. Ils sont environ 300 Sénégalais, employés civils des EFS, aujourd’hui sans emploi et dans l’attente d’une décision des autorités sénégalaises quant à leur avenir professionnel.

Ces anciens agents, membres du Syndicat des travailleurs du personnel civil des EFS, dénoncent un silence prolongé du gouvernement malgré les démarches engagées en amont. « Depuis 15 jours, nous sommes officiellement licenciés. Nous avons respecté une décision de souveraineté nationale. Nous espérions en retour une réaction rapide de l’État pour une reconversion », a déclaré Djibril Ndiaye, secrétaire général du syndicat, dans un entretien accordé à la Radio Futurs Médias (RFM).

Selon ses précisions, un dossier détaillé avait été préparé par les ex-travailleurs, en collaboration avec le ministère des Forces armées et celui du Travail, à la demande de la Présidence de la République. Ce document contient des données précises sur les conséquences juridiques de leur licenciement, les préjudices économiques et sociaux subis, ainsi que leurs propositions de reclassement dans la fonction publique. Le dossier a bien été transmis au Palais, mais reste depuis sans suite.

Le secrétaire général du syndicat exprime l’inquiétude croissante de ses collègues : « C’est une situation angoissante pour des pères de famille qui avaient une stabilité professionnelle, un salaire régulier, un accès à la couverture maladie et une sécurité sociale. Du jour au lendemain, tout cela a disparu sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prise. »

En ce qui concerne l’État français, Djibril Ndiaye reconnaît que les autorités tricolores ont respecté leur part du contrat. Les indemnités dues aux travailleurs ont été versées. Toutefois, ces montants sont jugés insuffisants au regard du choc brutal qu’a représenté cette rupture, d’autant plus qu’aucune solution durable n’a été proposée par l’État sénégalais.

Le contexte dans lequel intervient cette fermeture est inédit. Pour la première fois depuis l’indépendance, le Sénégal ne compte plus de base militaire française sur son territoire. Une décision hautement symbolique, saluée par une large partie de l’opinion comme un acte de souveraineté, mais qui, sur le plan social, laisse planer une ombre sur le sort de ceux qui faisaient tourner ces installations au quotidien.

Alors que le pays s’engage dans une nouvelle phase de coopération militaire « équilibrée et rénovée » avec la France, comme l’a souligné le chef d’état-major des armées, les anciens agents civils appellent à ne pas être les victimes collatérales de ce changement de paradigme. Ils rappellent qu’ils ont servi loyalement pendant des années, souvent dans l’ombre, et demandent aujourd’hui à être réorientés dans le service public sénégalais.

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