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Société

CONFLIT FONCIER TRIPARTITE : Le collectif And Defar Keur Moussa défend ses terres

And Defar Keur Moussa a récemment protesté contre le transfert contesté de 900 hectares de terres à Fili fili et à l'archidiocèse local. Mamadou Diop, secrétaire général du collectif, qui s'est ouvert au Dakarois Quotidien, précise que ce différend remonte…

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CONFLIT FONCIER TRIPARTITE : Le collectif And Defar Keur Moussa défend ses terres

And Defar Keur Moussa a récemment protesté contre le transfert contesté de 900 hectares de terres à Fili fili et à l'archidiocèse local. Mamadou Diop, secrétaire général du collectif, qui s'est ouvert au Dakarois Quotidien, précise que ce différend remonte à 1889.

Le collectif And Defar Keur Moussa a organisé dimanche dernier une manifestation pour attirer l'attention sur un différend foncier persistant qui les oppose à Fili fili et à l'archidiocèse local. Selon les habitants, environ 900 hectares de terres, traditionnellement détenus par les sept villages de Keur Moussa et ses environs, auraient été cédés illégalement à ces entités par les autorités.

La racine du conflit remonte loin dans l'histoire locale. Selon Mamadou Diop, secrétaire général du collectif, qui s'est ouvert au Dakarois Quotidien, tout a commencé en 1889 lorsqu'un conseiller français de la Cour de Dakar, Léon Verdier, obtint 900 mètres carrés pour cultiver des fleurs destinées au marché Kermel. "C'est ainsi que 900 m2 lui ont été attribués de temps du Lamane Ndiagne Ciss, établi à Sébikotane. En 1937, un collègue du député Thiaw Ibra Abdoulaye, François Klimix, a réclamé 900 hectares au lieu des 900 mètres carrés déclarés. Après qu'il a été rectifié, son ami parlementaire l'a amené à Sébikotane pour lui montrer le terrain. C'est cet espace là que Fili Fili a élargi à 900 hectares. En 1956, Nadra Filfili a demandé un bail emphytéotique. Ce qui inclut qu'il ne détient pas totalement la propriété", explique le SG de And Defar Keur Moussa. Mamadou Diop poursuit : "La même année, le même François s'est allié à l'archidiocèse pour introduire une requête d'immatriculation qui fut rejetée (...). C'est l'histoire racontée par les moines de Keur Moussa alors que François est décédé depuis 1946 au Maroc. Comment est-ce possible qu'un défunt, dix ans après sa mort, introduise une telle demande ? C'est illogique". Le représentant des populations de la localité ne s'arrête pas là. "Nous avons vu ensuite une copie collationnée où il est mentionné que Fili Fili détient 700 hectares au lieu des 900 énoncés. Quand ils ont été interrogés, ils ont affirmé que sur les 900 hectares, ils ont octroyé 200 hectares aux moines. Cependant, c'est  leur version, pas celle des moines, qui ne se sont pas encore prononcés sur la question", avance-t-il. D'après lui, ceci est à l'origine d'un conflit tripartite entre les populations, Fili Fili et les moines de Keur Moussa.

Pour rappel, selon lui, en 1989, il y a eu un précédent conflit entre les habitants de Keur Moussa et Fili Fili. L'État est intervenu et a nommé le juge Henry Grégoire Diop pour une intruction qui a duré trois ans. Une décision portant perdant Fili Fili a été prononcé, d'après le porte-parole des populations. Donc, à l'en croire, la logique est que si Fili Fili n'a rien dans la bourgade, il en sera de même pour l'abbaye qui ne s'est installée qu'en 1964.

Malgré les démarches auprès des autorités compétentes, incluant la saisine de la justice et le médiateur de la République, aucune résolution définitive n'a été obtenue. Cependant, les membres du collectif restent fermement déterminés à protéger leur héritage et sont prêts à sacrifier tout pour y parvenir. Mamadou Diop et ses camarades continueront, selon eux, de mener cette bataille jusqu'à ce que justice soit rendue, quel qu'en soit le coût.

Le Dakarois

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